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Donald Trump « envisage » des frappes sur l’Iran : que cherche réellement le président dans ce conflit avec ce pays du Golfe ?

par RTL info avec AFP
Frappes ciblées, changement de régime ou pari diplomatique ? Donald Trump brandit la menace militaire contre l’Iran, tout en laissant planer le flou sur ses objectifs. Déploiement massif, tensions nucléaires et risque d’escalade au Moyen-Orient : quelles sont ses vraies intentions ?

Que cherche Donald Trump avec l’Iran ? Le président américain a dit « envisager » des frappes à défaut d’un accord sur le nucléaire, mais il est resté muet sur ses objectifs à long terme en l’absence de tout débat aux Etats-Unis.

Frappes chirurgicales visant les Gardiens de la Révolution – piliers du pouvoir iranien – ou sur le programme de missiles, ce que réclame Israël ? Changement de régime ? Le dirigeant républicain, qui a ordonné un déploiement naval et aérien massif dans le Golfe, dispose de multiples options aux conséquences potentiellement déstabilisatrices pour la région.

L’Iran a, pour sa part, menacé de représailles sévères.

Quelles options ?

Donald Trump a indiqué jeudi se donner « dix » à « quinze jours » pour décider si un accord avec l’Iran était possible, ou s’il recourait à des frappes.

Selon le média Axios, des plans militaires proposant de cibler directement le guide suprême iranien, Ali Khamenei, ont été présentés au président américain.

Donald Trump répète qu’il préfère la voie diplomatique en vue d’un accord qui dépasserait le programme nucléaire iranien pour englober aussi les capacités balistiques et le soutien de Téhéran à ses mandataires, comme le Hezbollah ou le Hamas déjà très affaiblis, ce que rejette Téhéran.

Les Etats-Unis et l’Iran ont mené deux séances de discussions indirectes, d’abord à Oman, puis en Suisse.Elles n’ont pas semblé déboucher sur un rapprochement sensible des positions. Mais la porte reste ouverte. Le président Trump « s’étonne » d’ailleurs que l’Iran n’ait pas déjà « capitulé » devant le déploiement militaire de Washington, selon son émissaire Steve Witkoff.

« L’administration Trump vise très probablement un conflit limité qui redéfinirait l’équilibre des pouvoirs sans l’enfoncer dans un bourbier », écrit Alex Vatanka, du Middle East Institute à Washington.

Selon lui, les Iraniens tablent sur « une campagne militaire courte et à fort impact qui paralyserait les infrastructures balistiques iraniennes, affaiblirait sa force de dissuasion et rétablirait l’équilibre des pouvoirs après la guerre de 12 jours avec Israël en juin 2025 ».

Quelle justification ?

Le président américain assure avoir « anéanti » le programme nucléaire iranien dans les frappes en juin dernier, qui avaient visé plusieurs sites d’enrichissement d’uranium.Cela brouille ainsi le message sur la nécessité d’un accord sur le nucléaire.Reste que le mouvement de contestation en janvier, réprimé dans le sang, a changé la donne.

M. Trump avait alors promis de venir « en aide » au peuple iranien. Il se félicite aussi d’avoir apporté « la paix » au Moyen-Orient, à Gaza notamment, et considère qu’un changement en Iran renforcerait cette dynamique.

L’opposition démocrate, elle, s’inquiète que les Etats-Unis soient entraînés dans un nouveau bourbier et exige que le Congrès, seul habilité à déclarer la guerre, soit consulté.

Avec quels moyens ?

L’armée américaine compte actuellement treize navires de guerre au Moyen-Orient : un porte-avions, le Abraham Lincoln, arrivé fin janvier, neuf destroyers et trois frégates légères.

D’autres se dirigent vers la région. Le plus grand porte-avions au monde, le Gerald Ford, a été photographié en train de traverser le détroit de Gibraltar et d’entrer en mer Méditerranée vendredi, selon des clichés publiés par l’AFP pris depuis Gibraltar.

Les Etats-Unis ont, en plus, dépêché une flotte aérienne d’envergure au Moyen-Orient, avec des dizaines d’autres avions de guerre. Sans compter la présence de dizaines de milliers de soldats sur de multiples bases militaires à travers la région, autant de cibles potentielles pour l’Iran.

A quelle fin ?

Pour Richard Haass, ancien président du Council on Foreign Relations, personne ne sait « ce que serait l’impact d’un conflit sur le maintien au pouvoir du régime iranien ». « Il pourrait tout aussi bien le renforcer que l’affaiblir », écrit-il sur le site Substack.

Fin janvier, lors d’une audition parlementaire, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio concédait que personne ne savait « ce qui se passera en Iran si le guide suprême et le régime venaient à tomber, si ce n’est l’espoir qu’il y ait quelqu’un, au sein de leur système, avec qui vous pourriez travailler ».

Les monarchies arabes du Golfe, qui entretiennent des relations étroites avec l’Iran, ont mis en garde Donald Trump contre toute intervention, craignant d’être prises pour cibles et une nouvelle déstabilisation régionale.

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