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"La question de l'argent reste sensible": la championne du monde belge Lotte Kopecky nous dévoile les coulisses du cyclisme féminin

La saison cycliste touche à sa fin ce week-end. Remco Evenepoel a une nouvelle fois animé le peloton masculin et chez les femmes, une autre Belge, Lotte Kopecky s'est aussi illustrée. Si le cyclisme chez les dames s'est professionnalisé, les différences financières par rapport aux hommes restent importantes.

"Elle est un modèle", "J'aime son panache" ou encore "Elle est forte". Lotte Kopecky reçoit l'hommage de ses fans après une année exceptionnelle. Pourtant, ce n'était pas couru d'avance. Sa saison a été marquée par des blessures personnelles. D'abord une séparation avec son compagnon et puis surtout, le suicide de son frère. Pour surmonter ces épreuves, la Belge choisit la victoire. Elle remporte le circuit Het Nieuwsblad et un deuxième Tour des Flandres consécutif. "Je pense que ce fut une question de confiance", commente la principale intéressée.

Mais la véritable révélation vient de son Tour de France. Une victoire d’étape, 6 jours sur 8 avec le maillot jaune et une deuxième place au général. Ses prestations séduisent. "Elle a dû se surprendre elle-même de voir que peut-être un jour elle peut rêver de remporter un grand tour", réagit Marion Rousse, directrice du Tour de France Femmes.

La Championne de Belgique enchaîne avec deux titres mondiaux sur piste avant la consécration finale: le titre de championne du monde sur route. De quoi marquer l'histoire du cyclisme belge? "Oui, peut-être. Cette saison fut très particulière", répond-elle.

"Il y a encore beaucoup de différences"

Une chose est sûre, le cyclisme féminin est plus médiatisé et devient plus populaire. Son côté attractif se retrouve aussi dans des courses plus ouvertes. "On peut jouer la gagne d'une manière différente. On peut prendre l'échappée et se dire qu'on va jouer la victoire, alors que chez les hommes, souvent, on prend l'échappée pour dire de montrer le maillot alors qu'on sait qu'on va être récupéré dans les derniers kilomètres. Il y a encore beaucoup de différences entre le cyclisme féminin et masculin", argumente Alana Castrique, l’une des rares professionnelles francophones du peloton.

Une des principales différences: les primes. Même si la situation est en train de changer. "La question de l’argent reste un domaine sensible. Mais certaines courses flandriennes offrent déjà les mêmes primes. Nous sommes dans la bonne direction", avance Lotte Kopecky.

La preuve: depuis cette année l’organisateur du Tour des Flandres attribue la même prime de victoire. 20.000 euros pour Pogačar chez les hommes, 20.000 euros pour Kopecky chez les femmes. Il y a 3 ans, la lauréate remportait à peine 1.400 euros. On est encore loin du compte au Tour de France. Pour le maillot vert, par exemple, un homme empoche 25.000 euros contre seulement 3.000 pour une femme. Il est important de souligner toutefois que dans ce cas, la course féminine est trois fois moins longue que son équivalent masculin.

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