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Contracter un crédit hypothécaire à taux fixe sur 25 ans coûte aujourd’hui aussi cher qu’en 2014. Selon le baromètre des taux du courtier Immotheker Finotheker, le taux fixe moyen atteint désormais 3,89 % sur cette durée, soit une hausse de 0,74 % par rapport à l’année dernière.
Concrètement, cela représente un surcoût de 115 euros par mois pour un emprunt de 300.000 €. Une différence qui peut peser lourd dans le budget des ménages.
Une remontée des taux liée aux marchés financiers
Cette augmentation s’explique notamment par l’évolution des taux longs sur les marchés financiers, eux-mêmes influencés par les décisions des banques centrales. En 2025, les investisseurs ont progressivement compris que la phase de baisse des taux était terminée, laissant place à la perspective de hausses supplémentaires.
L’économiste Philippe Ledent précise : « Ce que nous avons observé, surtout en fin d’année 2025, c’est que ces taux longs sur les marchés financiers en zone euro ont été légèrement à la hausse, ce qui se répercute sur les taux des crédits hypothécaires. Si on regarde les 2-3 dernières années, on est dans la fourchette haute de ces taux, ce qui explique pourquoi les crédits hypothécaires sont relativement élevés. »
Et la tendance ne semble pas près de s’inverser : les économistes n’anticipent aucun signal de baisse des taux à court terme. Au contraire, de nouvelles hausses pourraient survenir en 2026.
Renégocier son crédit ?
Dans ce contexte, faut-il envisager de renégocier son crédit hypothécaire ? Pas pour la majorité des emprunteurs, estime Philippe Ledent : « Quand le taux d’intérêt sur un crédit hypothécaire est plus élevé, l’ensemble du crédit coûte plus cher. Toutes les personnes qui ont contracté un emprunt au cours des 10 dernières années n’ont aucun intérêt à refinancer leur crédit car elles auraient de moins bonnes conditions. »
Pas de flambée des taux attendue
Faut-il alors se précipiter pour contracter un crédit avant une éventuelle nouvelle hausse ? Là encore, la prudence est de mise. « Je ne pense pas que les taux longs, et donc les taux sur les crédits hypothécaires, vont continuer à augmenter comme ils l’ont fait ces deux derniers mois. Il n’y a pas de tendance », tempère Philippe Ledent.
Il ne faut pas non plus craindre une envolée des taux dans les prochains mois
L’économiste recommande de ne pas se précipiter : « Trouver un bien qui convient, la meilleure formule, le meilleur crédit, ce sont des éléments plus importants que de se ruer. Il ne faut pas non plus craindre une envolée des taux dans les prochains mois. »
Forte reprise des ventes immobilières en 2025
Malgré la remontée des taux, le marché immobilier belge a connu un net rebond en 2025. Selon les données de la Fédération du notariat (Fednot), le nombre de ventes a progressé de 14,2 % par rapport à 2024, année qui avait connu un léger repli (-0,7 %).
La reprise est généralisée sur l’ensemble du pays, avec une Wallonie particulièrement dynamique (+16,7 %), devant la Flandre (+14,1 %) et Bruxelles (+7,1 %). Dans le sud du pays, la réforme des droits d’enregistrement, avec un taux réduit à 3 % pour l’achat d’un bien propre et unique, a notamment favorisé l’accès à la propriété pour les primo-acquéreurs, en particulier en milieu urbain. Certaines provinces se distinguent plus nettement encore : le Brabant wallon enregistre une hausse de 28,1 % des transactions, et la province de Luxembourg, +20,3 %.















