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L’ambassadeur a aussi « reconnu que des commentaires agressifs ad personam n’étaient pas appropriés », selon un communiqué du ministre. À la sortie de cette seconde réunion, Bill White a également déclaré : « On a discuté du fait que c’est inapproprié pour qui que ce soit de comparer le président des États-Unis ou le gouvernement des Américains avec quelqu’un qui a tué 8 millions de Juifs. »
Quant au fait de savoir s’il trouve ça normal de s’impliquer dans les affaires intérieures belges, l’ambassadeur a simplement répondu : « On a eu une bonne réunion. Je veux le remercier pour cela, et on va continuer comme ça. »
« Le rôle d’ambassadeur est régi par des codes et des usages, parmi lesquels le respect mutuel et la non-ingérence dans les affaires intérieures », a rappelé M. Prévot à son interlocuteur, au cours d’un échange qu’il a qualifié de « franc et direct ». Selon le vice-Premier ministre, « il est désormais important de tourner la page et de consacrer notre énergie à investir positivement dans notre relation bilatérale. »
Maxime Prévot assure qu’il a une nouvelle fois « exprimé sa désapprobation à l’égard des commentaires visant personnellement des responsables politiques belges. L’Ambassadeur a reconnu que des commentaires agressifs ad personam n’étaient pas appropriés. »
Seconde convocation
L’ambassadeur White avait déjà été convoqué la semaine dernière aux Affaires étrangères pour un recadrage après ses tentatives d’ingérence dans un dossier judiciaire et dans la législation belge sur la pratique médicale des circoncisions rituelles juives.
L’Américain, qui s’en était pris à cette occasion au ministre de la Santé et vice-Premier ministre Vooruit, Frank Vandenbroucke, s’était fait rappeler le rôle d’un ambassadeur par Théodora Gentzis, la présidente du comité de direction des Affaires étrangères, en l’absence du ministre Prévot qui était à l’étranger.
L’ambassadeur s’en était encore pris au président de Vooruit Conner Rousseau, dont il a dit qu’il était désormais interdit d’entrée aux États-Unis pour avoir comparé Donald Trump à Hitler.
Des incidents diplomatiques à la chaîne
Ces incidents diplomatiques successifs ont donné lieu à nombre de réactions, dont celle du Premier ministre Bart De Wever qui a rappelé qu’un ambassadeur ne devrait pas semer le désordre dans la politique nationale.
De retour lundi de l’étranger, le ministre Prévot a invité ce mardi Bill White à son cabinet. Il lui a rappelé que le pouvoir judiciaire était « indépendant et impartial » en Belgique, et que son action « ne saurait dès lors souffrir d’aucune ingérence politique ou diplomatique ».
Le ministre a une nouvelle fois exprimé sa désapprobation à l’égard des commentaires visant personnellement des responsables politiques belges. « L’ambassadeur a reconnu que des commentaires agressifs ad personam n’étaient pas appropriés ».
« Une valeur fondamentale de la démocratie belge »
« La liberté d’expression, chère aux États-Unis, est également une valeur fondamentale de la démocratie belge », a encore dit Maxime Prévot. « Elle doit être préservée, y compris lorsqu’elle s’exerce de manière critique, dans le respect des législations respectives. » Pour autant, recadre le chef de la diplomatie belge, « l’administration américaine actuelle n’est pas comparable au régime nazi. Lorsqu’une comparaison est faite avec le nazisme, tout débat productif prend fin. »
Le ministre a réitéré l’engagement du gouvernement belge à combattre toutes les formes d’antisémitisme et à renforcer les efforts en ce sens. Soucieux de « tourner la page », il souligne que la Belgique et les États-Unis sont « des alliés de longue date, avec des liens historiques profonds » et insiste sur les opportunités de renforcer les partenariats commerciaux.
« Nous disposons d’un agenda positif, l’Ambassadeur White s’est proposé d’y travailler dès le premier jour et a souligné son implication auprès de nombreuses entreprises de toutes les régions à travers la Belgique ». M. Prévot met en avant « les efforts importants déployés par l’ambassadeur White – en seulement 100 jours en poste – pour encourager les opportunités économiques pour les deux pays. »
C’est dans cet esprit que l’ambassadeur des États-Unis a indiqué qu’il renoncerait à l’idée de restrictions de voyage à l’encontre de M. Rousseau, conclut le ministre. Ce dernier répondra en début d’après-midi à la Chambre aux questions des députés sur ces incidents diplomatiques rares entre la Belgique et les États-Unis.
















