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Eswatini: la dernière monarchie absolue d'Afrique choisit ses députés

Les quelque 585.000 électeurs du petit royaume d'Eswatini, dernière monarchie absolue d'Afrique, ont commencé à voter vendredi matin pour élire leurs députés, nombre d'entre eux chuchotant le mot "démocratie" dans les files d'attente mais sans trop y croire.

Dans ce pays enclavé anciennement appelé Swaziland, coincé entre l'Afrique du Sud et le Mozambique, le roi Mswati III, 55 ans et au pouvoir depuis 1986, nomme le Premier ministre, le cabinet, les juges et les actes du Parlement, assemblée au rôle essentiellement consultatif, n'ont force de loi qu'adoubés de son blanc-seing.

Derrière les paysages verdoyants du pays d'une population d'1,2 million, dont deux tiers vit sous le seuil de pauvreté, les infrastructures sont minimales et la misère omniprésente dans les zones reculées.

Le scrutin n'a qu'un enjeu limité: les partis politiques sont interdits dans le pays depuis 50 ans et ils ne peuvent pas participer aux élections. Les 59 députés qui doivent être élus vendredi se présentent sans étiquette partisane et ils ont été sélectionnés par des chefs traditionnels, qui veillent aux intérêts du roi dans les circonscriptions.

Une grande partie de l'opposition a appelé au boycott. "Nous vivons dans une dictature. Si quelqu'un ose parler, la police vient frapper à sa porte au milieu de la nuit et l'arrête pour trahison ou autre", dénonce Thantaza Silolo, porte-parole de la première formation d'opposition, le Mouvement de libération du Swaziland (Swalimo).

Mais sur le roi, pas un mot: en Eswatini, une parole déplacée peut coûter cher. Critiqué pour mener une vie de faste et de largesses, Mswati III détient une fortune personnelle estimée à au moins 50 millions de dollars par le magazine Forbes.

Un député pro-démocratie élu en 2018 est aujourd'hui en exil. Deux autres sont en prison.

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