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Le gouvernement wallon a vivement réagi après le feu vert donné par une majorité d’États membres de l’Union européenne à l’accord de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur. Alors que la signature officielle du traité est envisagée dès ce lundi au Paraguay, l’exécutif wallon fustige un texte jugé dangereux pour l’agriculture européenne.
Réaction du gouvernement wallon
Par la voix des ministres Anne-Catherine Dalcq (agriculture) et Adrien Dolimont (ministre-président), le gouvernement wallon estime que « c’est un jour funeste pour l’agriculture européenne », dénonçant un accord qui, selon lui, fait peser de lourds risques sur la rentabilité des exploitations, la qualité de l’alimentation et l’autonomie stratégique alimentaire. « Oui, cet accord a une portée géopolitique. Oui, il bénéficie à certains secteurs. Mais l’agriculture est bien stratégique et ne peut plus être négociée avec si peu de considération », souligne encore le gouvernement, qui parle d’un « choix de société » impactant directement les consommateurs.
Réaction de David Clarinval
Le vice-Premier ministre et ministre de l’Agriculture David Clarinval dit comprendre l’inquiétude du monde agricole face à l’accord Mercosur. « Je comprends la colère des agriculteurs parce qu’il est vrai que dans cet accord, il y a des aspects positifs, mais aussi des aspects négatifs », explique-t-il, pointant notamment des risques pour « la viande bovine » et « le sucre », en raison d’éventuelles importations en provenance d’Amérique du Sud. Il souligne toutefois que l’accord est positif pour plusieurs industries belges et pour certains secteurs agricoles.

Pour limiter les effets négatifs, le ministre assure que des garde-fous seront activés. « On doit activer les mesures de sauvegarde qui sont prévues dans cet accord », précise-t-il, évoquant des contrôles renforcés afin d’empêcher l’entrée de produits ne respectant pas les normes européennes. « Moi, je ne veux pas que des produits qui viennent d’Amérique du Sud soient sur notre marché s’ils n’ont pas été produits dans les mêmes conditions », insiste-t-il.
Concernant la position belge, David Clarinval rappelle que la Belgique s’est abstenue, en raison de divisions internes. « Les deux partis francophones, le MR et les engagés, se sont opposés à l’accord. Mais les partis flamands, globalement, ont voté en faveur », conclut-il, promettant de protéger les agriculteurs en cas d’impact sur les prix, notamment via les clauses de sauvegarde.
Un accord validé
Vendredi, les ambassadeurs des États membres de l’UE ont validé l’accord à la majorité qualifiée, malgré l’opposition de plusieurs pays dont la France. Faute de consensus entre ses différents gouvernements, la Belgique s’est abstenue.
Discuté depuis plus de 25 ans, le traité vise à créer la plus grande zone de libre-échange jamais établie par l’Union européenne, mais suscite une vive contestation du monde agricole, inquiet d’une concurrence jugée déloyale.













