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Doit-on craindre la force militaire de l’Iran ? En guerre avec deux superpuissances, le pays doit faire avec ses forces… et faiblesses

par RTL info avec Sébastien Rosenfeld, Clémence Paquet et Xavier Gérard
Depuis le début du conflit, l’Iran montre sa capacité de riposte avec des missiles touchant des cibles jusqu’à 2.000 km de distance. Concrètement, quelles sont les réelles forces et faiblesses de l’armée iranienne ? L’Europe a-t-elle de bonnes raisons de s’en inquiéter ?

Entre les images de propagande et la réalité, la prudence est de mise lorsqu’il s’agit d’évaluer la puissance de l’armée iranienne. Si sa capacité en homme est forte, soit 750.000 militaires, sa force aérienne est ancienne, voire obsolète.

« C’est une armée aussi extrêmement vétuste dans le sens où elle est coupée du monde au travers des sanctions depuis, non pas quelques années, mais depuis véritablement plusieurs décennies. En fait, ils ont une flotte aérienne qui est vraiment anecdotique », rappelle Elena Aoun, professeur en relations internationales. « Rappelons que le président iranien, le précédent, est mort dans un accident d’hélicoptère faute d’entretien, de renouvellement des pièces. D’ailleurs, on n’a quasiment aucun avion qui est sorti pour bombarder quoi que ce soit, ou presque ».

La force de l’Iran réside d’abord dans ses armes de projection : ses arsenaux disposeraient de 3.000 missiles balistiques, dont plus de 1.000 auraient déjà été utilisés. Ils emportent des ogives de 750 à 850 kilos d’explosifs.

Leur portée opérationnelle varie de 300 à 2.000 kilomètres en fonction de leur degré de technologie, de quoi toucher Chypre, même chose pour les drones les plus modernes. « On a vu notamment des drones qui ont été envoyés du côté de Chypre, mais l’Iran n’a pas de missiles qui soient capables d’atteindre l’Europe, ou en tout cas certainement pas jusqu’en Belgique, peut-être à la limite les frontières est de l’Europe. Mais là encore, c’est assez incertain, ça serait déjà un très très long trajet pour les missiles iraniens dans les capacités qu’ils ont actuellement. Donc a priori, en Europe, on n’a pas de soucis à se faire par rapport aux missiles iraniens en tant que tels », assure Jérémy Dieudonné, assistant à l’Institut de sciences politiques Louvain-Europe.

L’arme la plus utilisée reste avant tout le Shahed, ce petit drone kamikaze produit en masse dans des usines souterraines coûte à peine 20.000 dollars l’unité, contre 4 millions pour un missile américain. En saturant les défenses ennemies, l’Iran augmente le coût financier de la campagne militaire. « C’est effectivement quelque chose qui peut jouer, surtout avec les missiles balistiques qui sont d’autant plus difficiles à attraper et donc qui demandent parfois plusieurs missiles intercepteurs pour attraper un seul missile balistique. Les drones sont un petit peu plus faciles à attraper, mais effectivement ils requièrent chaque fois l’utilisation d’armement qui lui est très cher, qui est difficile à produire ».

« Cet État iranien est dans un rapport de force incommensurablement faible par rapport à deux puissances nucléaires, dont l’une est la plus grande au monde, les États-Unis, et de l’autre côté une armée israélienne qui est une superpuissance technologique aussi, il faut véritablement le souligner », rappelle Elena Aoun.

Les prochaines semaines vont permettre de mesurer réellement l’état des capacités d’action iraniennes. En attendant, la France envoie le Charles de Gaulle en Méditerranée pour renforcer la protection de Chypre et de ses alentours.

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