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Actuellement, plus de 3.000 navires à l’arrêt sont bloqués dans le golfe Persique, pour la plupart des pétroliers et des cargos de marchandises qui attendent de pouvoir se remettre en route sans risquer d’être attaqués.
Le bras armé du régime iranien dit contrôler le détroit d’Ormuz, ce petit couloir maritime large de seulement 55 km et pourtant véritable carrefour de l’économie mondiale. « Ce sont des dizaines de millions de barils de pétrole qui transitent par le détroit ce qui représente à peu près 20 % de la consommation mondiale de pétrole », précise Michel Liégeois, professeur en relations internationales à l’UCLouvain.
Le pétrole, le gaz mais pas seulement : au Qatar, la production d’aluminium est à l’arrêt, matière première utilisée notamment pour fabriquer de l’électroménager ou encore des voitures. Mais pour produire de l’aluminium, il faut du gaz et le pays en manque.
« Quand on arrête la production, ça prend énormément de temps à se relancer. Ce sont des machines comme des hauts fourneaux qui ont besoin d’énormément de temps et d’énergie et donc on parle en mois pour pouvoir relancer une production après un arrêt. Ça peut très rapidement se répercuter sur les prix, non seulement les prix de l’aluminium bien entendu, mais aussi tous les prix de ce qui utilise l’aluminium », précise Charlotte de Montpellier, économiste chez ING.
Le détroit d’Ormuz est aussi un passage clé pour tout ce qui nous vient d’Asie et notamment de Chine. Aujourd’hui, les bateaux ne peuvent plus accéder au détroit mais beaucoup ne prennent pas le risque de transiter par le canal de Suez, jugé dangereux. Il faut donc faire un détour de 7.000 kilomètres en contournant l’Afrique pour arriver en Europe : de quoi occasionner de longs retards de livraison dans tous les domaines.
« Il ne faudrait pas que ça dure trop longtemps. Je ne suis pas certain que l’Iran ait la possibilité d’empêcher le trafic pendant aussi longtemps », tempère Michel Liégeois. Face au blocage, le président américain Donald Trump s’est dit prêt à déployer ses forces armées pour escorter des pétroliers si nécessaire dans le détroit d’Ormuz.

















