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80 ans de la libération d'Auschwitz: comment les élèves belges découvrent-ils l’horreur des camps?

Le 27 janvier 1945, le sinistre camp d'Auschwitz-Birkenau était libéré par les Soviétiques. Ceux-ci y découvrirent quelque 7.000 survivants et l'horreur de l'entreprise d'extermination menée par le IIIe Reich. Quatre-vingts ans plus tard, des dirigeants du monde entier s'apprêtent à honorer en Pologne la mémoire du million de Juifs qui y furent assassinés, victimes de la barbarie nazie. 80 ans après la libération du camp, que reste-t-il de cette période de l'histoire auprès des jeunes en Belgique ? 

80 ans après la libération du camp de concentration d'Auschwitz, comment est-ce enseigné dans les écoles ? En Belgique, la visite du fort de Breendonck est devenue un incontournable. Mais en classe, comment en parle-t-on ? Comment les élèves découvrent certains aspects de cette période ?

Nous sommes allés dans une classe de l'Institut Saint-Luc de Mons. Ce matin-là, 3 jours après avoir accueilli Simon Gronowski, rescapé de la Shoah (voir reportage ci-dessous), Louise Courte, professeur d'histoire-géo, poursuit l'apprentissage avec ses élèves. "Ici, on parle des camps de concentration, d'Auschwitz, et de tout ce qui se passait là-bas. On a plein d'images, plein de photos, plein de documents, qui datent de l'époque."

 

C'est toujours un sujet qui les intéresse

"C'est choquant qu'on puisse voir que des gens ont vécu cela", dit un élève. "Je pense que cela peut arriver, et c'est justement pour cela qu'il faut encore en parler", confie un autre élève.

"Ils sont demandeurs, hyper investis. C'est toujours un sujet qui les intéresse, contrairement à ce qu'on pourrait croire", indique Louise Courte.

Un cours d'histoire qui peut contenir des passages très difficiles à entendre et qui concernent donc le plus souvent les classes de secondaire supérieures. Parler de la Shoah et évoquer largement cette partie sombre de notre histoire sont une nécessité.

"La plupart a quand même une culture, ne fusse que par les films. On leur en a beaucoup parlé. Mais par rapport aux activités qu'on fait ici avec le travail d'archives, il y a quand même plein de choses qu'ils découvrent, et plein de liens qu'ils font avec la situation actuelle. Ils se rendent compte qu'il y a des populations qui sont discriminées, qui sont pointées du doigt, et que malheureusement l'histoire pourrait se répéter", poursuit Louise Courte. "Je pense qu'en 3e ou 4e, c'est bien. En 1ère secondaire, cela me paraît assez jeune, même si on peut en parler même en primaire. Mais il y a peut-être une manière d'aborder les choses, où on va un peu filtrer."

Que retiennent les élèves de cette partie de notre histoire ? "C'est choquant, car c'étaient des gens comme nous avant. Quand on regarde ces documents, on se rend compte qu'ils ont eu une vie totalement banale comme la nôtre. Mais ils se sont fait persécuter pour leurs croyances ou pour des choses complètement absurdes", dit un élève. 

"Que ce soit un petit reportage ou juste un texte, on ressent tout de suite que c'est affreux ce qu'il s'est passé", conclut un autre élève.

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