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« Ce n’est pas sur la précarité infantile qu’on fait des économies » : plusieurs CPAS en justice contre une décision du gouvernement, laquelle ?

Par RTL info avec Martin Buxant
Plusieurs CPAS bruxellois ont introduit un recours en annulation au Conseil d’État contre la décision de la ministre Anneleen Van Bossuyt de supprimer le subside « activation sociale et lutte contre la pauvreté infantile ».

Jean-François Thayer, président du CPAS de Woluwe-Saint-Lambert, était l’invité de Martin Buxant ce lundi matin sur bel RTL. Il a expliqué pourquoi il intente, avec d’autres CPAS, une action en justice contre le gouvernement fédéral. C’est plus précisément une décision de la ministre Anneleen Van Bossuyt, en charge de l’Asile, de la Migration, et de l’Intégration sociale de Belgique, qui fâche les CPAS bruxellois.

« On attaque la décision de la ministre au Conseil d’État en annulation avec d’autres CPAS bruxellois, tous partis confondus, je tiens à le dire, a-t-il déclaré. On attaque cette décision de supprimer ce qu’on appelle le subside ‘activation sociale et lutte contre la pauvreté infantile’ ».

Jean-François Thayer a expliqué en quoi ce subside était essentiel pour ses services, à plus d’un titre : « L’activation sociale, c’est justement ce qu’on va devoir faire avec les chômeurs de plus de 20 ans, les chômeurs de longue durée. C’est-à-dire les reconnecter par diverses activités, et notamment à les reconnecter au sens propre avec le numérique parce que certains ne maîtrisent pas ces outils. Ce subside a été supprimé par la ministre, et la pauvreté infantile, c’est quatre enfants sur dix à Bruxelles qui vivent sous le seuil de pauvreté. C’est aussi l’avenir de ces jeunes qu’on est en train d’hypothéquer quand un tel subside est supprimé. »

« Un subside utile, très concret »

Ce subside servait notamment à soutenir le paiement des activités pour les enfants en situation de pauvreté : stages, remédiation, activités parascolaires… « On pouvait, sur présentation de la facture, les rembourser pour les familles les plus précarisées qui n’ont pas les moyens de le faire, qui parfois n’ont même pas les moyens de donner à manger à la fin du mois à leurs enfants. Donc vraiment, c’était un subside qui était utile, très concret, qui servait » a lancé le président du CPAS de Woluwe-Saint-Lambert. « Moi, j’invite la ministre à venir dans le CPAS pour se rendre compte de l’impact d’une telle mesure », ajoute-t-il.

J’invite la ministre à venir dans un CPAS pour se rendre compte de l’impact d’une telle mesure
Jean-François Thayer, Président du CPAS de Woluwe-Saint-Lambert

Des présidents de CPAS attachés à plusieurs partis mènent cette action, notamment Jean-François Thayer, Les Engagés, alors que son parti est au gouvernement, mais cela ne l’empêche pas de dénoncer cette mesure. « C’est une décision de la ministre, qu’elle a prise sans concertation. C’est la même chose que pour le plan Grand Froid : elle n’a pas demandé aux Engagés ou aux autres représentants du gouvernement ce qu’ils pouvaient faire. Moi, j’aimerais lui dire : si elle cherche des économies, ce n’est pas sur la précarité infantile qu’il faut le faire. »

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