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Un conducteur de tracteur a déversé une importante cargaison de pommes de terre sur la Grand-Place de Bruxelles samedi, a indiqué la zone de police de Bruxelles-Capitale. « Nos services se sont immédiatement rendus sur place afin de sécuriser la situation et de procéder aux constatations nécessaires », a précisé la porte-parole de la zone de police, Ilse Van de Keere. « Le conducteur a été emmené au commissariat afin d’y être entendu », a-t-elle ajouté.
Toutefois, nous apprenons ce dimanche que l’agriculteur, Aurélien, a passé la nuit en cellule. « Il est toujours auprès de la police, on a eu très peu de nouvelles », indique Marine, présente avec lui lors de l’action sur la Grand-Place. « Il n’est pas sorti depuis l’arrestation », rapporte-t-elle.
Il a en effet été entendu par le magistrat de service pour expliquer sa version des faits. Il a ensuite été relâché. Plusieurs infractions ont été constatées : aux codes pénal et de la route, ainsi qu’à l’environnement.
Son avocat réagit
Nous avons interrogé son avocat, Henry Van Malleghem, qui nous a donné des précisions sur les 24 heures que vient de vivre l’agriculteur. « Il a passé la nuit en cellule. Est-ce que la nuit était agréable ? Évidemment non, comme toute personne qui n’a pas l’habitude de ce genre de choses. C’est éprouvant, c’est fatigant et aujourd’hui, ce sera un soulagement de réintégrer le domicile et le foyer familial et de retrouver sa ferme et son élevage », a-t-il confié.
Ce dimanche soir, son avocat nous apprend qu’une médiation pénale lui a été proposée. « C’est une voie de réparation qui est parallèle à une poursuite pénale. Donc, il ne va pas être poursuivi devant un tribunal, mais il devra se plier à certaines exigences du parquet pour clôturer l’affaire au niveau de la punition, si vous voulez. Mais il n’échappera probablement pas à des sanctions financières », a expliqué Henry Van Malleghem.
Que va-t-il se passer ensuite ? « C’est une suggestion du procureur sur le principe. Et puis sur l’application, c’est la maison de justice qui va prendre les choses en main plus tard », a précisé l’avocat.
Une cagnotte avec un succès fou
Pour faire face à ses frais de justice et payer les « sanctions financières » évoquées par l’avocat, Aurélien va sans doute pouvoir compter sur la cagnotte qui a été lancée pour le soutenir par plusieurs agriculteurs, avec l’accord de ses proches. Créée dimanche en milieu de journée, elle a déjà permis de récolter plus de 25.000 euros. « Cette action forte et courageuse avait pour but d’alerter sur les conséquences de l’accord du Mercosur. Néanmoins les autorités ne le voient pas du même œil. Garde à vue et saisie immédiate du matériel. C’est assez déplorable », indique la page de récolte de fonds.
« Cette initiative, portée par la conviction et le sens de l’intérêt général, aura un coût lourd à assumer. Je prends l’initiative, en concertation avec ses proches, d’ouvrir une cagnotte solidaire. Je trouve que nous défendons tous une cause commune et que dans ce genre de situation, la solidarité doit être le maître mot. »
Les fonds serviront uniquement « à couvrir les charges financières qui pèseront sur lui et leur utilisation sera communiquée en toute transparence », conclut le message.
















