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« Droit au rebond » : qu’est-ce que ce nouveau dispositif qui permet de démissionner sans tout perdre ?

par RTL info avec Mathieu Col et Steve Damman
À partir du 1er mars entre en vigueur le droit au rebond : la possibilité pour les travailleurs de démissionner tout en percevant des allocations de chômage pendant 6 à 12 mois. Pour en bénéficier, il faut justifier d’au moins dix ans de carrière.

Tout quitter, changer de métier, se réorienter… Ce n’est pas toujours possible, car en démissionnant, on perd ses indemnités. Beaucoup restent donc dans leur emploi faute d’alternative, sans conviction. Avec le nouveau droit au rebond, il devient désormais possible de démissionner tout en bénéficiant d’allocations de chômage, sous certaines conditions.

Un dispositif accessible une seule fois

« Le travailleur doit en faire la demande. Ce n’est pas un droit automatique », explique Ayoub Lamrini, conseiller juridique chez SD Worx. Pour y avoir droit, il faut justifier d’au moins dix ans de carrière et introduire la demande auprès de son bureau de chômage.

« Il ne pourra activer ce dispositif qu’une seule fois au cours de sa carrière », précise encore le spécialiste.

Jusqu’à un an d’allocation en cas de formation

Ce dispositif prévoit six mois d’allocations de chômage après la démission, et jusqu’à douze mois si la personne se forme à un métier en pénurie. L’objectif du gouvernement est de faciliter la mobilité professionnelle et de limiter les coûts liés à l’épuisement au travail.

« Nous sommes persuadés que ces personnes continueront à travailler, mais dans un autre environnement, chez un autre employeur », souligne le ministre de l’Emploi, David Clarinval (MR). « Si elles étaient restées chez leur employeur initial, elles auraient peut-être été victimes d’un burn-out ou, suite à un certificat de complaisance, malade de longue durée, ce qui engendre des coûts importants pour la sécurité sociale. » Et David Clarinval d’ajouter : « On parie sur le fait que cela permettra aussi de faire des économies pour la Sécurité sociale ».

Des habitudes professionnelles qui pourraient évoluer

Combien de travailleurs activeront leur droit ? Difficile à dire pour l’instant, mais la mesure pourrait pousser les Belges à changer leurs habitudes.

« Trois quarts des Belges ne souhaitent pas changer d’employeur à court terme », indique Ayoub Lamrini. Les travailleurs belges figurent ainsi parmi « les plus loyaux d’Europe ». Il faudra donc observer si le droit au rebond parvient à modifier ces comportements.

L’allocation perçue reste une allocation de chômage classique : son montant est calculé de la même manière et diminue progressivement après trois, puis six mois.

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