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Deux ans après son accident de voiture, Adèle lutte encore pour se rétablir: "J’ai dû apprendre à vivre avec ce nouveau corps et à l’aimer"

Elles sont les victimes invisibles de la route. Celles dont on parle peu, et pourtant... Selon une nouvelle étude de l'institut belge de la sécurité routière, VIAS, une personne sur six blessée dans un accident conserve des problèmes de santé durant des années. C'est le cas d'Adèle. Deux années après un accident, cette miraculée tente de se reconstruire, jour après jour.

Pour protéger sa vie privée, Adèle préfère ne pas dévoiler son visage. Il est presque intact malgré le grave accident qu’elle a subi il y a deux ans. Cette Bruxelloise de 33 ans en porte les traces par endroit sur son corps. Notamment son bras avec lequel elle s’est protégée lors de l’accident. "Le médecin chirurgien me l’a dit plusieurs fois: on a vraiment failli le couper", explique Adèle. "Je sais (que les chirurgiens) ont pris des muscles de la cuisse, des veines, artères, de la peau, des os, de la moelle (pour le reconstruire)".

J’ai dû apprendre à vivre avec ce nouveau corps et à l’aimer

Le 3 juillet 2021, Adèle percute l’arrière d’un camion stationné tout près de la sortie d’autoroute. Elle reste un premier mois dans le coma. À son réveil, elle parvient à répondre aux questions que son père lui pose. Ému, il la filme. "Il venait me voir tous les jours et partait en pleurant de ma chambre", se souvient Adèle avec émotion. "Quand je vois ces vidéos de moi, je ne me rends pas compte que c’est moi, c’est étrange".

À ce moment-là, Adèle ne se souvient de rien et ne sait plus qui elle est. Les vertèbres de sa nuque sont fracturées, sa mâchoire et son front abîmés. Les opérations sont longues et nombreuses: 35 heures au total.

La revalidation est intense. Mais Adèle s’accroche. "Mon corps a changé. J'ai dû faire le deuil de qui j’étais", admet la jeune femme. "La mobilité est différente, j’ai dû apprendre à vivre avec ce nouveau corps et à l’aimer".

Le difficile retour au travail

Avec patience, humilité et détermination, Adèle réapprend tous les gestes du quotidien. "J’ai d’abord recommencé à me faire à manger. Un truc facile, que je pouvais manger à une main", se remémore-t-elle. "Là, c’est la première fois que je mange avec deux couverts", explique la jeune femme, en montrant à nos journalistes une photo d’elle appréciant un plat de pâtes.

Neuf mois après son accident, Adèle tente de reprendre son travail de consultante en recrutement, à mi-temps. "Et là, ça n’allait pas du tout, je travaillais à peine", raconte Adèle. "Vu que j’étais une des meilleures de la boîte, c’était perturbant pour plein de gens".

Lorsqu’il est décidé de mettre fin à son contrat, Adèle le vit comme une libération. Aujourd’hui, elle s’octroie une pause-carrière de 6 mois. Elle compte voyager loin en Australie par exemple. Elle a l’intuition que de belles surprises l’y attendent, l’amour notamment.

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