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Leur vie a basculé il y a plus de 4 ans. À 12 ans, Lucie, une fillette souriante et pleine de vie décide de mettre fin à ses jours. Sans prévenir. Pour Nadège et Jean-Louis, ses parents, c’est l’incompréhension totale.
« On a chacun une situation stable. Lucie a des amis, elle est entourée, aimée, elle a des activités. Ça se passe bien à l’école et pourtant elle se suicide chez nous, il y a quatre ans, à douze ans », témoigne Jean-Louis Tasiaux, père de Lucie. « Elle nous a laissé une lettre qu’elle avait mise au pied de son lit où elle commence par dire ‘enfin je suis morte. Cette douleur, je n’en pouvais plus’... A douze ans... et elle dit ‘Vous n’auriez rien pu faire’ », raconte Nadège Bodart, sa mère.
Ces parents impuissants veulent aujourd’hui briser le tabou du suicide. Pour éviter que d’autres familles n’aient à vivre le même drame. « On n’est pas sensibilisé au suicide, confie Jean-Louis Tasiaux C’est un univers totalement étranger pour nous. Ça arrivait de manière marginale parfois, mais c’était quelque chose qui n’arrivait pas souvent. On ne pensait pas que ça pouvait arriver chez nous, dans une famille on va dire entre guillemets normale quoi ».
Une détresse profonde, parfois dissimulée
Solène, elle aussi, a tenté de mettre fin à ses jours. « J’ai eu mes premières idées suicidaires concrètement vers l’âge de sept ans et demi. Un premier passage à l’acte à huit ans », raconte-t-elle.
Un geste incompréhensible pour un enfant mais qui révèle d’une détresse profonde parfois dissimulée dans le monde virtuel des réseaux sociaux.
« Sur les réseaux sociaux, on a tous besoin de plus partager plus, retrouver des personnes de notre genre et fuir la cruauté du monde actuel », confie-t-elle.
Les personnes de votre entourage n’ont pas les clés pour vous répondre.
Première cause de décès chez les 10 à 54 ans, hez nous, le suicide tue 1700 personnes chaque année, soit près de cinq par jour. Oser en parler, mettre des mots sur cette souffrance parfois indescriptible. C’est ce qui a sauvé Nancy.
« Plus vous allez mal, moins vous en parlez, témoigne-t-elle. Parce que vous avez de plus en plus honte. Les personnes de votre entourage n’ont pas les clés pour vous répondre. Il y a tellement peu d’informations sur ce type de sujet sur le suicide, parce qu’il ne faut pas avoir peur de le dire, sur le suicide, sur la mort ».
Un indépendant se suicide tous les 2 à 3 jours
Au travers ses 12 antennes situées en Wallonie et à Bruxelles, SOS Suicide Belgique reçoit un millier d’appels chaque mois. Parmi ceux-ci, de plus en plus d’indépendants et des chefs d’entreprise.
« Au niveau de la confiance en eux, on voit que sur le baromètre, ils sont à 3,8/10, observe Thomas Thirion, administrateur de SOS Suicide. Le moral des entrepreneurs n’est pas bon. C’est un constat qui est là. On ne va pas rester les bras croisés. Il faut agir. Il y a un suicide tous les 2 à 3 jours d’un indépendant ».
En 2025, 800 personnes ont été accompagnées dont 600 pour la première fois. Depuis hier, une nouvelle ligne téléphonique est activée : le 0800 / 777 40.
















