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Exclusions du chômage : voici sur quelle base les aides du fédéral vers les CPAS ont été calculées, « le gouvernement s’est dit que ce ne serait pas différent »

par RTL info avec Mathieu Col
Exclusions du chômage : le chiffre de 30 % d’allocataires attendus aux CPAS vient d’une estimation basée sur l’expérience de 2015. Sur le terrain, les communes redoutent déjà un afflux bien plus important et un sous-financement fédéral.

Cela fait un mois qu’ont débuté les premières exclusions du chômage. D’après les calculs du gouvernement fédéral, 30 % de ces exclus devraient s’orienter vers les CPAS, avec un financement à hauteur de ces estimations. Mais sur le terrain, les chiffres sont bien supérieurs… Comment a été calculé ce chiffre de 30 % ? D’où vient cette estimation ?

« Il ne s’agit en réalité pas du résultat d’un calcul aux doigts mouillés. Ce n’est pas non plus un résultat dont on pourrait dire qu’il est juste… », analyse d’emblée notre journaliste Mathieu Col. Pour comprendre d’où viennent ces 30 %, « il faut se rappeler, en 2015, une mesure du gouvernement Di Rupo », poursuit-il.

C’est une manière de mettre un peu la pression aussi sur les CPAS

À l’époque, lors des premières exclusions du chômage, 50.000 personnes ont été exclues, essentiellement des jeunes qui avaient des allocations d’insertion. « On s’est rendu compte que 30 % de ces exclus avaient retrouvé un emploi, 30 % s’étaient rendus au CPAS, et les 30 derniers pourcents ont disparu des radars », explique notre journaliste.

C’est donc sur base de ces résultats et de cette expérience de 2015 que le gouvernement, aujourd’hui, « s’est dit, que ce ne serait pas différent » : les exclus du chômage en 2026, on va en retrouver 30 % devant les portes des CPAS. Les aides du fédéral pour les CPAS ont donc été calculées sur ce chiffre. On voit bien que ce sera probablement plus, il faudra donc plus d’argent du fédéral vers les communes. Et c’est d’autant plus important que ces montants soient adaptés, puisque le gouvernement fédéral a décidé que ces sommes allaient être dégressives, c’est-à-dire qu’elles allaient diminuer dans le temps. « C’est une manière de mettre un peu la pression aussi sur les CPAS pour qu’un maximum d’allocataires sociaux retrouvent du travail », souligne-t-il.

Quel rôle pour les CPAS dans la recherche d’emploi ?

Le rôle du CPAS, à la base, est de stabiliser les gens, au niveau social, au niveau financier, au niveau du logement, de la santé… C’est donc une approche très globale de l’aide à la personne. « C’est plus global en tout cas que la mission du Forem ou d’Actiris, qui a une mission de formation, de retrouver de l’emploi aux gens, de faire correspondre une offre à une demande ».

L’idée défendue par le gouvernement fédéral, dans ce cas, c’est de dire que cette approche plus globale qu’ont les CPAS sera sans doute plus adaptée au public concerné : on parle de personnes au chômage depuis de très longues années, parfois plus de 20 ans. « Cette approche plus globale sera peut-être mieux adaptée à ce public pour lui faire retrouver de l’emploi plus facilement », conclut Mathieu Col.

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