Accueil Santé

« Ça mérite d’être vérifié » : ces symptômes, anodins à première vue, peuvent être signes d’un cancer ORL s’ils persistent

par RTL info
Nez, gorge, larynx, langue… On parle peu des cancers ORL alors que les facteurs de risques sont bien connus. Invité du RTL Info 13H, le médecin ORL Christophe Van Geem évoque ces cancers, leurs causes, leurs symptômes et l’importance de la prévention.

Quand on parle de cancers ORL, il s’agit des cancers des voies aériennes supérieures. Ils peuvent toucher de nombreuses zones : le nez, la bouche, l’oropharynx – comme les amygdales –, la langue, le larynx, mais aussi certaines structures du cou, notamment les glandes salivaires ou des ganglions. Contrairement aux idées reçues, ces cancers ne sont pas rares. Ils représentent la quatrième ou cinquième cause de cancer chez l’homme, et la septième ou huitième chez la femme.

Des facteurs de risque bien identifiés

Les principaux facteurs de risque sont connus depuis longtemps. Le tabac et l’alcool occupent une place centrale, auxquels s’ajoute un troisième facteur : le papillomavirus humain (HPV).

À propos du vaccin contre le HPV, Christophe Van Geem se veut clair : « C’est un vaccin qui va prévenir les infections ou la contamination à HPV. Et ce même HPV peut être à l’origine de cancers des voies aériennes supérieures. » L’intérêt du vaccin est donc de réduire le risque de développer certains cancers de la gorge.

Ce vaccin est particulièrement efficace lorsqu’il est administré avant toute contamination. Le virus pouvant rester latent pendant plusieurs années, « c’est beaucoup plus intéressant de le proposer chez des jeunes avant une éventuelle contamination ». Il reste toutefois possible de se faire vacciner à tout âge, même si les bénéfices sont alors moindres, ajoute notre invité.

Alcool et tabac

Si le rôle du tabac est souvent évident lorsqu’on parle des voies respiratoires, l’alcool est également un facteur de risque majeur. Et leur association est particulièrement nocive. « L’alcool comme facteur de risque et plus qu’un effet additionnel, c’est vraiment un effet potentialisateur », explique le spécialiste. Autrement dit, l’alcool fragilise les muqueuses des voies aérodigestives, ce qui renforce les effets délétères du tabac et augmente le risque de cancer.

Quels symptômes doivent alerter ?

Les symptômes peuvent être nombreux et variés, selon la zone touchée, précise le médecin : « On peut avoir le nez qui se bouche d’un côté, un écoulement purulent, un saignement de nez, une obstruction nasale. On peut avoir mal de gorge, une lésion dans la gorge qui ne cicatrise pas ou qui ne guérit pas, tel un aphte, par exemple, ou une petite blessure. On peut avoir la voix qui change, des troubles de la déglutition, des douleurs à l’oreille, même sans otite, voire une boule dans le cou qui apparaît… »

Intéressant de vérifier après 3 semaines

Christophe Van Geem se veut toutefois rassurant : il ne faut pas s’alarmer au moindre symptôme. En revanche, « s’ils persistent, on parle de 3 semaines en général, ça mérite d’être vérifié », surtout en présence de facteurs de risque comme le tabac et l’alcool.

Qui est le plus concerné ?

Le profil le plus classique reste celui d’un homme âgé de plus de 45 à 50 ans, exposé aux facteurs de risque traditionnels. Mais la situation évolue. « On voit de plus en plus de personnes de 30-40 ans qui peuvent présenter également des cancers étant donné cette contamination avec l’HPV », souligne Christophe Van Geem.

Contenus sponsorisés

À la une

Les plus lus