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Le commerce international permet à toutes sortes d’espèces vivantes de voyager. Moustiques tigres ou frelons asiatiques figurent parmi les exemples les plus connus, mais ils ne sont pas seuls. Les escargots font aussi de longs voyages. À Hermalle-sous-Argenteau (près de Visé), des spécialistes ont découvert sept espèces d’escargots jamais rencontrées en Belgique. Et cela pourrait avoir à long terme des conséquences importantes sur l’agriculture.
"C'est le seul site dans tout le Benelux où l'espèce est connue", affirme Louis Bronne, spécialiste des escargots, en évoquant la présence hélicon des gorges à Hermalle-sous-Argenteau. C'est une sorte d'escargot qu'on trouve en général dans les Alpes italiennes.
Et ce n'est pas la seule découverte qu'ont faite les malacologues (spécialistes des escargots) le long du canal Albert. Ils ont notamment croisé une espèce repérée uniquement en Allemagne de l'Est. Comment tout ce beau monde est arrivé en Belgique? Les escargots ont simplement transité dans les conteneurs d'une société qui importe des pierres du monde entier et qui se trouve à proximité. Il se trouve que ce gastéropode adore se réfugier entre les pierres.
Pourquoi cela peut-il être problématique?
Les spécialistes ont aussi croisé, au même endroit, des espèces originaires de Chine ou du Vietnam. Ces escargots étaient soit morts, soit des coquilles vides: "Les pulvérisations qui sont faites sur les bateaux en provenance de Chine, essentiellement pour tuer les insectes ravageurs du bois auront probablement fait effet aussi sur les escargots. Ça permet d'éviter une espèce qui pourrait poser problème chez nous parce qu'en fait, en Chine, elle pose des problèmes dans l'agriculture", explique le malacologue.
Omniprésentes dans les champs de céréales, certaines espèces dévalorisent le prix du blé à cause des débris de coquille. D'autres s'attaquent aux champs de coton ou aux vignes. "S'il y avait des espèces vraiment à problème qui arrivaient vivantes, les chances qu'elles soient découvertes à temps sont très limitées parce qu'il n'y a pas assez de gens qui les cherchent", ajoute Louis Bronne.
En Wallonie, le nombre de spécialistes des escargots se compte sur les doigts d'une main et ils nous mettent en garde contre l'arrivée d'espèces lointaines. Ce n'est pas parce qu'ils vont très lentement qu'ils sont inoffensifs.


















