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LES CHOIX BD DE SEB : Undertaker, un héros de western anti-trump

Par Sébastien Rosenfeld
La série « Undertaker » est désormais bien installée dans le cœur des lecteurs et le sera bientôt pour les nouveaux venus. Une BD western d’aventure qui se passe après la guerre de Sécession dans l’esprit de « Blueberry » mais qui réinvente le genre et fait le lien avec l’Amérique de Trump avec un graphisme spectaculaire !

Avec la série « Undertaker », le trio Xavier Dorison, Ralph Meyer et Caroline Delabie font des étincelles. Le héros est un anti-héros, un personnage qui doute de la nature de l’homme depuis son expérience de soldat d’élite durant la Guerre de Sécession. Jonas Crow est un croque-mort porté sur la bouteille quelque peu désabusé.

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Il cache un passé mystérieux (il est recherché pour meurtre mais on ne sait pas vraiment pourquoi) et voyage de ville en ville en fonction des contrats.

Un croque-mort au passé mystérieux

Ce solitaire qui a fait d’un vautour son compagnon de route est un personnage charismatique parfaitement croqué par le dessinateur Ralph Meyer qui s’inspire du maître du western Jean Giraud (la série Blueberry) qui a redéfini les codes de la BD.

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Grâce à des superbes cadrages et un récit dynamique, la série « Undertaker » va au-delà de l’hommage pour créer un univers et une identité propre. « Je me suis libéré de la pression des débuts pour me sentir libre aujourd’hui de dessiner avec plus de légèreté » m’explique Ralph Meyer.

Un hommage au western

Jonas Crow croise de nombreux personnages au fil de ses aventures et surtout va rencontrer l’amour de sa vie, Rose Prairie. À travers leur relation complexe, notre croque-mort est poussé dans ses retranchements.

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« Peu, il croit de nouveau en l’homme » m’explique la coloriste Caroline Delabie.

Car dans cette série, ce sont les relations humaines et les travers de la société qui constitue le corps des sujets abordés. Dans un sens Undertaker est un anti-trump.

Undertaker est un anti-trump

Construite à chaque fois autour de diptyque (deux albums pour une histoire), la série « Undertaker » aborde la question des armes à feu, de la violence, des rapports hommes femmes, de l’avortement et du fanatisme religieux.

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Dans ce 8ème album, Jonas Crow qui veut retrouver Rose Prairie pour enfin lui avouer ses sentiments se retrouve au cœur d’un combat imprévu. Il doit affronter une religieuse extrémiste, Sister Oz, gourou de la ligue de la vertu. Un mouvement qui naît à cette époque.

Gourou d’une ligue de vertu

Le récit qui se déroule à Eaden, petite ville du Texas sortie ruinée et humiliée de la guerre de Sécession, résonne dans l’Amérique de Trump d’aujourd’hui. Sister Oz manipule les foules et désigne les coupables comme Donald Trump.

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L’intelligence du scénario de Xavier Dorison est de créer des ponts entre le passé et le présent à travers des thèmes très actuels.

« Le fanatisme et la capacité à manipuler les masses sont quelque chose qui nous interpelle et nous interpellons aussi le lecteur à travers notre récit. » explique Caroline Delabie.

Fanatisme religieux

Une fois de plus cet album qui conclut un nouveau diptyque est une réussite. Le récit comme le graphisme est un au rendez-vous. « Undertaker » est un BD d’aventure qui mise sur l’intelligence des lecteurs.

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Le succès de la série montre que les auteurs ont trouvé la bonne alchimie pour continuer à enrichir un univers qui multiplie les rebondissements sans se perdre. À ne pas manquer.

Undertaker, tome 8, le monde selon Oz aux éditions Dargaud

Scénario, dessin, couleur : Xavier Dorison, Ralph Meyer et Caroline Delabie

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