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Les réseaux sociaux n’en finissent pas de lancer des défis plus originaux les uns que les autres. Si certains ont déjà surpris par leur dangerosité, comme retenir sa respiration ou manger des aliments particulièrement épicés, d’autres intriguent par leur simplicité. C’est le cas du ‘Raw dogging’, un défi qui mise tout sur l’art de ne rien faire. Un sujet décrypté par Caroline Depuydt, psychiatre, et invitée dans le RTL info 13h.
Mais en quoi consiste réellement ce challenge ? Il s’agit de se filmer tout en restant inactif. Aucun scrolling sur téléphone, aucune lecture, aucune activité physique. « On voit la personne le jour 1 qui est très nerveuse, qui a envie de prendre son GSM mais qui ne peut pas », explique notre invitée. L’objectif étant de rester seul avec soi-même. Ce défi se poursuit généralement sur plusieurs semaines, durant lesquelles les participants apprennent progressivement à ralentir et à savourer l’ennui.
Indispensable
Dans une société où la vie professionnelle, familiale et le rythme effréné du quotidien prennent souvent le dessus, l’idée de prendre le temps de ralentir apparaît presque paradoxale. Caroline Depuydt souligne. « On croit qu’on laisse tomber un luxe, qu’on renonce à quelque chose qui est facultatif et c’est au contraire absolument indispensable de garder du temps de ce type-là. » Cet apprentissage de la déconnexion pourrait bien être bénéfique, non seulement pour se reposer mais aussi pour régénérer son esprit.
La psychiatre propose d’ailleurs un moyen simple pour s’initier à cette pratique. « Les 10 minutes de rien ». Elle y voit une sorte de sas de décompression quotidien. « Il faut prévenir tout le monde, enfant et conjoint compris, que pendant 10 minutes je ne vais faire rien », explique-t-elle. Elle précise toutefois que ce moment doit être véritablement consacré à soi, qu’il s’agisse de méditer ou simplement de digérer les évènements de la journée.
Valable aussi pour les enfants
Mais cet aspect du ‘Raw dogging’ peut s’appliquer à toute la famille, enfants compris. Pour eux, dit-elle, l’ennui est une source non négligeable de créativité. « C’est parce qu’on s’ennuie qu’on va se dire qu’est-ce que j’aime bien faire, qu’est-ce que j’ai envie de faire ». Mettre de côté les écrans devient ici une règle impérative, tant pour les adultes que pour les enfants. Elle propose donc des moments consacrés totalement hors des écrans, comme les repas en famille ou encore une pause calme en fin de journée.

















