Accueil Actu Monde Europe

De riches personnes, dont des Belges, auraient payé pour… tuer des civils pendant la guerre : des pratiques ignobles sous le coup d’une enquête en Italie

par RTL info avec Claire Carosone et Pascal Noriega
Tuer juste pour le plaisir en Bosnie : c’est ce que la justice italienne tente de prouver. Une enquête explosive révèle que durant la guerre des Balkans, il y a 30 ans, des riches auraient payé pour abattre des civils à Sarajevo. Un tourisme de l’horreur que l’on ne voit habituellement que dans les films.

De 1992 à 1996, Sarajevo est assiégée par l’armée serbe. Pris au piège, les habitants de la capitale de la Bosnie sont visés quotidiennement par les obus et les tirs des snipers. Degré supplémentaire de l’horreur, de riches touristes auraient profité de la situation pour jouer à la guerre et tuer des civils pour le plaisir.

Ce fait, c’est ce que révèle un journaliste italien. « L’une des personnes qui m’a fait part de ces faits était membre des services de renseignement de Bosnie-Herzégovine pendant le siège de Sarajevo entre 1992 et 1996. Elle a eu l’occasion de rencontrer des groupes de touristes italiens qui se rendaient dans les collines pour abattre des civils comme des tireurs d’élite », note Ezio Gavazzeni, journaliste.

Des Belges impliqués ?

Plus d’une centaine d’Italiens mais aussi des Allemands, des Britanniques, des Français et des Belges auraient payé l’armée serbe pour pouvoir s’adonner à ces terribles safaris humains. Pour la plupart des sympathisants d’extrême droite et passionnés d’armes, ils déboursaient entre 80 et 100.000 euros le week-end. « L’aspect le plus morbide, c’est qu’il y avait une grille tarifaire. Le chasseur devait payer des prix plus ou moins élevés à l’armée serbe pour pouvoir viser un adulte, une femme, un enfant, une femme enceinte ou un soldat », précise Edin Subasic, ancien général des services de renseignement bosniens.

«Sur base de la documentation disponible, il y avait aussi des Français, des Allemands, des Belges et d’autres nationalités”, confirme Guido Salvini à nos confrères de La Libre, refusant de donner plus de détails, mais soulignant à deux reprises la présence de Belges dans le dossier.

À Sarajevo, ces révélations ne surprennent pas vraiment. Depuis 30 ans, ce tourisme meurtrier est considéré comme un secret de polichinelle. « Nous sommes indignés. Indignés et déçus que le parquet de Bosnie-Herzégovine n’ait jamais cherché à engager des poursuites pour ces crimes commis pendant le siège de la ville alors que nous savions que cela existait », déplore Fikret Grbovica, président de l’association des parents d’enfants morts à Sarajevo.

En Italie, une enquête a été ouverte pour homicide volontaire aggravé et elle porte les espoirs des familles des victimes. En l’espace de 4 ans, le siège de Sarajevo, le plus long de l’histoire moderne, aura fait plus de 11.000 morts.

Contenus sponsorisés

À la une

Les plus lus