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Face aux menaces douanière de Trump, Macron veut utiliser le mécanisme « d’anti-coercicion » : qu’est-ce que cet instrument de dissuasion ?

Par RTL info avec Christophe Giltay
L’Europe n’est pas démunie face aux menaces de Donald Trump, qui veut augmenter massivement les droits de douanes de huit pays européens si on ne lui cède pas le Groenland. Emmanuel Macron a réclamé hier le déclenchement du mécanisme européen anti-coercition. Une décision qui impacterait lourdement les produits américains exportés en Europe.

L’instrument anti-coercition surnommé le « bazooka commercial européen », est un peu comme la bombe atomique, à la fois une arme de dissuasion et, si nécessaire, de riposte. Adopté en 2023, il est constitué de 93 mesures de rétorsion contre un pays ou une alliance, qui voudraient exercer sur nous une coercition, c’est à dire une contrainte par la force, par exemple en instituant de manière unilatérale des droits de douane inconsidérés.

La première option serait de répliquer en établissant les mêmes droits de douane, mais il y en a d’autres comme la limitation des importations de certains biens ou services. On peut aussi interdire l’accès aux marchés publics européens ou toucher aux droits de propriété intellectuelle.

C’est un mécanisme complexe qui doit être adopté à la majorité qualifiée des 27, au minimum 55 % des États représentant 65 % de la population. Il est aussi prévu une période de réflexion et de négociation.

Je reviens à ma comparaison, c’est comme l’arme atomique, il faut montrer à l’adversaire qu’on en dispose, mais l’objectif est de ne pas s’en servir. Vous allez me dire, avec Donald Trump les menaces seront inefficaces, il nous répondra un truc du genre… « Allez-y les gars ! » Il vrai que la balance commerciale entre les Etats-Unis et l’Europe nous est favorable, à hauteur d’environ 200 milliards de dollars, on aurait donc plus à y perdre qu’à y gagner, mais il y a plusieurs vers dans le fruit Trumpien.

D’abord, il est juridiquement impossible de dissocier sur le plan commercial les pays de l’Union européenne. Il ne peut pas sanctionner les uns et pas les autres. Ensuite, la Norvège et le Royaume-Uni qui font partie des pays menacés ne sont pas membres de l’Union, ce qui complique encore les choses. De surcroît, cette histoire de Groenland déplaît à la population des États-Unis. Non pas pour des questions morales ou de droit international, mais parce que ce combat est ressenti comme trop éloigné des préoccupations quotidiennes.

Selon un sondage CBS-YouGov, 86 % des électeurs – dont 70 % chez les républicains – sont hostiles à l’usage de la force pour prendre le contrôle du Groenland. Ils sont également 70 % à s’opposer à l’idée d’un rachat. À quelques mois des élections du midterm qui vont renouveler une partie du congrès, c’est ennuyeux pour le matamoresque Donald.

On compare parfois Trump à un joueur de poker et on sait que le bluff joue un rôle essentiel au poker. Eh bien, ne nous laissons pas bluffer…

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