Partager:
Dans ce champ d’un peu plus de quatre hectares, Maxime a planté du froment. Il va pouvoir en produire environ 35 tonnes. Ce froment est ensuite placé dans une coopérative. Maxime sait qu’une grosse partie de sa production sera transformée en biocarburant, notamment.
« Quasi 50 % partent en valorisation énergétique car c’est là que se trouvent les meilleures marges, explique Maxime Janssens, agriculteur. Ce n’est malheureusement plus en produisant, de l’alimentation humaine que l’on va s’en sortir dans les fermes ».
Pourquoi le pain belge est fait de céréales étrangères ?
En Wallonie, les céréales représentent environ 287.000 ha soit 25 % de ce qu’on appelle « la surface agricole utile ». Ce secteur constitue une part importance de l’agriculture wallonne et les rendements observés figurent parmi les plus élevés d’Europe. Mais les céréales belges ne servent que très peu à produire de la farine, et finalement du pain.
Les pains que nous consommons en Belgique sont principalement produits à partir de céréales françaises ou allemandes. Sur la totalité de la production belge de céréales, 90 % sont transformés en alimentation pour bétail ou en biocarburant. Seuls 10 % servent à nourrir la population.
En cause : un climat trop instable, notamment
Si les agriculteurs belges produisent peu de céréales panifiables (céréales avec lesquelles on peut réaliser du pain), ou destinées à l’alimentation humaine, c’est d’abord parce que le climat est trop instable, mais aussi parce que la Belgique n’est pas concurrentielle.
« On importe l’essentiel des céréales planifiables en Belgique en provenance des pays voisins, notamment, comme la France et l’Allemagne, explique Benoit Haag secrétaire général de la fédération wallonne de l’agriculture. C’est effectivement le prix et la qualité qui sont les déterminants principaux pour les meuniers ».
La production de céréales panifiables est plus exigeante et donc plus chère. Nos agriculteurs ne peuvent plus se le permettre. « Aujourd’hui, les seuls de rentabilité sont tellement bas qu’on est obligés de se demander en tant qu’agriculteur si finalement la production que l’on va mettre sur cet hectare-là, cette année-là, va simplement nous rapporter de l’argent sans nous en coûter », éclaire Maxime Janssens, agriculteur.
Anne-Catherine Dalcq veut recréer des moulins
La ministre wallonne de l’agriculture envisage alors de créer de nouvelles filières, d’ouvrir des moulins et de transformer les céréales wallonnes directement en Belgique. « Il faut recréer ces filières, estime Anne-Catherine Dalcq, ministre wallonne de l’agriculture. Ça se reconstruit. Ça doit s’intensifier pour permettre aux agriculteurs de ravoir des contrats pour vendre leurs céréales à de bons prix, et pas aux prix mondiaux qui sont trop faibles depuis trop longtemps ».
Mais la fédération met en garde : il faudra penser correctement les choses pour que l’initiative soit un succès. « Un de premiers éléments que les investisseurs vont regarder c’est la rentabilité et le risque qu’ils prennent à redévelopper ces filières, avertit Benoit Haag secrétaire général de la fédération wallonne de l’agriculture. Donc ils doivent d’abord s’assurer de pouvoir disposer d’un approvisionnement constant, d’une qualité constance, compétitive avec celle qu’offrent nos voisins et souvent, ces dernières années, c’est là que ça a coincé ».
En Belgique, 287.000 hectares de champs sont consacrés à la culture de céréales, et la production s’élevait à 950.000 tonnes en 2020. Un chiffre qui a diminué de 13 % en 5 ans.












