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« Saoûlant », « C’est un problème » : en France, l’interdiction des réseaux sociaux aux plus jeunes plaît à tout le monde… sauf aux plus jeunes

par RTL info avec Christophe Giltay
En France, après des années de débats sur les dégâts des réseaux sociaux chez les mineurs, l’Assemblée nationale vient d’adopter un texte interdisant leur consultation aux moins de 15 ans. Cette décision réjouit les adultes… mais beaucoup moins les ados.

Le texte pour l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans a été voté ce lundi à une très large majorité : 130 voix contre 21. Il doit désormais être étudié au Sénat, qui l’adoptera après l’avoir éventuellement amendé.

L’objectif est qu’il entre en vigueur lors de la prochaine rentrée scolaire en septembre. La France serait alors le premier pays européen à imposer une limite d’âge à 15 ans pour l’accès aux réseaux sociaux. La proposition de loi prévoit aussi d’interdire l’utilisation des téléphones portables dans tous les établissements scolaires.

Jusqu’à présent, ils n’étaient prohibés qu’en primaire et dans, ce qu’on appelle en France, les collèges, qui couvrent les quatre premières années du secondaire. La députée qui a déposé la proposition justifie ce texte par la volonté de protéger les mineurs. Les réseaux, dit-elle peuvent, « avoir un effet délétère sur la santé mentale, notamment sur celle des plus jeunes dont le cerveau est en pleine construction et qui ont une capacité de recul moindre, en enfermant les usagers dans des spirales de contenus violents, choquants, faisant la promotion de l’auto mutilation ou du suicide ».

L’AFP a publié les réactions de quelques moins de 15 ans qui n’approuvent pas la mesure : « Snap » c’est « mon moyen de communication », dit Louise 14 ans, « TikTok me permet de scroller quand je m’ennuie, je regarde des vidéos pour me détendre. Sur Instagram, je fais des ‘stories’ et je regarde celles de mes amis ».

Dans le Figaro, un garçon ajoute : « Si on interdit WhatsApp, cela devient soûlant. Ne pas avoir de groupe de classe, de famille, d’amis, ce serait vraiment un problème ». D’après les chiffres de l’Arcom, l’ex CSA, plus de quatre jeunes sur cinq âgés de 11 à 17 ans utilisent quotidiennement une plateforme en ligne et ils y passent en moyenne près de quatre heures par jour, en grande partie sur Snapchat et TikTok.

On est face à un véritable fossé des générations car selon un sondage ‘Harris Interactive’ 73 % des Français adultes se disent favorables à l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. N’en doutons pas la loi sera votée, le problème ce sera l’application : en Australie, pays précurseur, de nombreux jeunes contournent l’interdiction en utilisant un VPN, un réseau privé virtuel qui dissimule l’identité de l’utilisateur. Or, en France, l’usage du VPN n’est pas illégal.

En attendant Emmanuel Macron s’est félicité du vote de l’Assemblée saluant « une étape majeure ». « Parce que le cerveau de nos enfants n’est pas à vendre. Ni aux plateformes américaines, ni aux réseaux chinois ». Une réaction qu’il a publiée… sur X.

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