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Trois mois après sa libération, Boualem Sansal a été élu à l’Académie française et devient… « un immortel »

par RTL info avec Christophe Giltay
Après plus d’un an d’emprisonnement en Algérie, Boualem Sansal avait été libéré il y a trois mois. Il devient désormais un « immortel », grâce à son élection à l’Académie française.

Le terme « immortel » remonte à la création de l’Académie française en 1635 par le cardinal de Richelieu. Le Premier ministre de Louis XIII en avait choisi la devise : « À l’immortalité », cela ne voulait pas dire que les académiciens seraient immortels, ni même que leurs noms resteraient gravés dans l’histoire. Sur les 742 membres que l’institution a connus, la plupart ont sombré dans l’oubli. Ce que signifiait le cardinal, c’est que la langue française et les œuvres qu’elle produit seraient désormais immortelles.

L’Académie a été fondée à une époque où le français cherchait encore sa voie, entre le latin et l’italien. Sa mission, clairement décrite par lettres patentes, était de travailler à donner des règles certaines à la langue française, afin de la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences. C’est pourquoi l’Académie continue à rédiger pendant des années un dictionnaire publié de loin en loin, mais qui fait référence.

Un an en prison

Boualem Sansal a été élu à 76 ans, au fauteuil numéro 3, où il succède à l’avocat et écrivain Jean-Denis Bredin, décédé en 2021. Il fut aussi occupé par Marguerite Yourcenar et Georges Clemenceau. Il a été élu « dans un fauteuil » avec 25 voix pour, et une seule abstention. Beaucoup veulent y voir un geste politique, au moment où la France connaît des relations très difficiles avec l’Algérie. Boualem Sansal, arrêté en novembre 2024 à l’aéroport d’Alger, y a passé un an en prison parce qu’il avait soutenu dans un écrit qu’avant la colonisation, une partie de l’Algérie était marocaine.

S’il s’agit d’un symbole, il n’est pas que politique. Ce matin, Le Figaro a détaillé cinq raisons qui ont présidé à son élection. « C’est un bon camarade, il entretient un lien ancien avec l’Académie, il représente un symbole de liberté, il possède une plume vertigineuse, Et c’est un défenseur de la langue française. » À ce titre, il représente la francophonie du Maghreb et met ainsi ses pas dans ceux d’autres académiciens nés loin de Paris, dont Léopold Sédar Senghor, Andreï Makine ou Denis Laferrière.

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