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Premier ministre contesté, Sébastien Lecornu tient la barre contre toute attente : son astuce ? Des compromis… à la belge

par RTL info avec Christophe Giltay
Pendant plus d’un an, la France a donné l’exemple d’une incroyable instabilité politique, les gouvernements se succédaient, les motions de censures pleuvaient, le budget n’était pas voté, et puis plus rien. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a échappé hier à deux motions de censure et son budget sera adopté, et tout ça dans une indifférence quasi générale. Que s’est-il passé ?

C’est la fin d’une crise politique qui aura duré 19 mois, depuis les législatives de juillet 2024, provoquées par la dissolution d’Emmanuel Macron. Aucune majorité stable n’est sortie de ce scrutin, et la valse des gouvernements a alors commencé.

Quatre premiers ministres se sont succédé : Gabriel Attal, Michel Barnier, François Bayrou et finalement Sébastien Lecornu. Attal a perdu les législatives, Michel Barnier a été censuré, Bayrou s’est vu refuser la confiance, quant à Lecornu, ça commençait bien mal : nommé Premier Ministre le 9 septembre 2025 par le président Macron, il a présenté la composition de son gouvernement le 5 octobre, mais le 6, il remettait sa démission après seulement 14 heures, établissant le record du gouvernement le plus court de l’histoire de France.

Son casting avait été sévèrement jugé par le parti les Républicains dont il avait besoin. On s’apprêtait à l’enterrer, voire à revoter, mais Emmanuel Macron l’a renommé le 10 octobre, et depuis, il tient bon la barre à la surprise générale. Comment expliquer ce revirement ? Simplement parce que Lecornu a compris qu’il fallait sortir de la logique majoritaire de la Vème république.

Adoptant d’abord un style modeste voire pépère avec ses pulls en V et ses cravates club qui lui donnent un look de collégien sage des années 70. Une communication simple et directe, s’adressant aux Français depuis la cour de Matignon avec les mots de Monsieur tout le monde. Ensuite, surtout en comprenant qu’il devait faire des compromis à la belge !

Dans cette dernière étape, il a trouvé un partenaire le parti socialiste qui, sans rejoindre sa majorité, a accepté de ne pas le censurer. Pour ce faire il a dû faire des concessions, geler la réforme des retraites mais aussi réorienter le budget vers plus de social avec des d’impôts frappants les plus riches. Ça n’a pas été sans turbulence, car il avait promis de ne pas utiliser l’article 49.3 qui permet de passer en force, mais faute de majorité assurée il a dû s’y résoudre…

Soumis à plusieurs motions de censure, il n’est pas tombé car les socialistes se sont abstenus et le budget sera enfin adopté. De surcroît, il a également bénéficié du calendrier : les élections municipales du mois de mars prochain mobilisent les partis, et les futurs candidats à la présidentielle de 2027 fourbissent déjà leurs armes.

Enfin, ancien ministre des armées, il apparaît compétent dans ce domaine à la une de l’actualité grâce à Trump et Poutine. Bien qu’assuré de rester en place, il lui faudra désormais passer d’un gouvernement « habile » à un gouvernement « utile ».

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