Partager:
Les autorités communales ont admis via un communiqué que ce bâtiment était passé au travers des vérifications périodiques obligatoires durant les cinq dernières années. Ce défaut de surveillance est jugé d’autant plus grave que la commune affirme avoir réalisé plus de 14 000 inspections de ce type sur le reste de son territoire pour la seule année 2025.
« Le Conseil communal regrette amèrement ce manquement », précise le communiqué. Cette révélation modifie l’angle de l’enquête : la justice suisse devra désormais déterminer si cette absence de contrôles a facilité la propagation du sinistre et établir les responsabilités de l’administration communale.
« Nous assumerons toute la responsabilité que la justice déterminera », ajoute Nicolas Féraud, président du conseil communal de Crans-Montana lors d’une conférence de presse.
Négligence
Toutefois, la responsabilité des gérants a aussi été invoquée : «Il y a eu négligence de l’exploitant du bar. (...) Il y avait une culture du risque inconsidérée dépassant les contrôles» effectués, a déclaré Nicolas Féraud. «Cela a mis en danger la clientèle et le personnel», a-t-il affirmé. Il a ajouté que le Service de sécurité de la commune n’avait «jamais reçu d’alerte» s’agissant de problèmes dans le bar. Il a aussi confirmé qu’il y avait une porte de secours au sous-sol, sans pouvoir préciser si elle était ouverte, fermée ou bloquée.
Selon les responsables de la commune, un seul extincteur suffisait pour ce type d’établissement et sa taille. Il n’y avait à leur connaissance pas de système d’alarme dans le bar, cela n’étant pas nécessaire pour ce type d’établissement, selon eux.
Interdiction des engins pyrotechniques
Le conseil communal a par ailleurs prononcé l’interdiction de l’usage d’engins pyrotechniques de toutes sortes dans les lieux fermés, sur l’ensemble du territoire communal, a-t-il indiqué mardi dans un communiqué de presse. Il a aussi décidé de mandater un bureau extérieur spécialisé pour «réaliser sans délai un contrôle de tous les établissements publics de la commune, y compris de la qualité des matériaux».
La commune, qui s’est portée partie civile, a par ailleurs indiqué avoir remis au ministère public tous les documents administratifs en sa possession concernant «Le Constellation». Ces documents détaillent l’ensemble des procédures administratives en lien avec le bar, dont les origines (1967) et la transformation (2015) datent toutes deux d’avant la constitution de la commune de Crans-Montana (2017).
Une limite de capacité qui pose question
Les rapports mentionnent notamment une limite de capacité de 100 personnes pour les locaux du rez-de-chaussée et de 100 personnes pour le sous-sol. Le site internet de l’établissement évoque pour sa part une capacité de 300 personnes.
L’incendie dans le sous-sol du bâtiment a fait 40 morts, âgés de 14 à 39 ans, et 116 blessés, dont 83 toujours hospitalisés. La commune a par ailleurs retiré aux gérants français du bar, Jacques et Jessica Moretti, l’autorisation d’exploiter un second établissement sur son territoire, a fait savoir lundi soir le média suisse de service public RTS.
Une enquête pénale a été ouverte samedi dernier contre le couple de propriétaires pour «homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence».















