Partager:
En 2024, de nombreux navires russes ont été repérés au large des côtes belges. Une présence qui inquiète, notamment en raison des risques de sabotage des infrastructures sous-marines.
Selon des chiffres présentés par le député fédéral Theo Francken (N-VA), le nombre de passages de navires russes dans la mer du Nord a quasiment doublé en trois ans, passant de 85 en 2021 à 155 en 2024. Parmi eux, 57 ont navigué dans les eaux territoriales belges, qui s’étendent sur environ 3.500 km², et 40 autres sont passés à proximité immédiate.
Si aucun incident n’a été signalé, cette présence croissante suscite des inquiétudes, notamment en raison des soupçons pesant sur certains de ces navires quant à d’éventuelles opérations de surveillance ou de sabotage.
Des navires sous surveillance
En 2024, 62 passages de navires militaires russes ont été recensés, contre 56 l’année précédente. Les navires de recherche, eux, ont effectué 20 passages. Parmi eux, le Yantar, un bâtiment suspecté de cartographier les infrastructures maritimes occidentales, notamment les câbles sous-marins reliant le Royaume-Uni au continent. Début 2023, ce navire avait déjà été surpris en train d’analyser des infrastructures énergétiques dans les eaux néerlandaises.
Les cargos russes sont également de plus en plus nombreux : 42 passages en 2024 contre seulement 16 en 2023. Or, selon Theo Francken, les sabotages récents de câbles sous-marins dans la mer Baltique montrent que la distinction entre activités militaires et civiles est de plus en plus floue.
Une menace pour la Belgique ?
Le député N-VA met en garde contre un possible sabotage des infrastructures sous-marines belges. "Ces chiffres montrent que la menace russe n’est pas qu’une histoire lointaine", affirme-t-il. "Le même type de navires, soupçonnés de sabotage dans la mer Baltique, navigue également – et de plus en plus – dans notre mer du Nord".
Ils tentent de nous atteindre
Pour lui, la présence de ces navires s’inscrit dans une stratégie plus large de guerre hybride, qui ne se limite pas au conflit en Ukraine : "De l’influence sur les élections au piratage informatique, en passant par le sabotage d’infrastructures sous-marines essentielles, ils tentent de nous atteindre".
Des moyens de surveillance suffisants ?
Actuellement, ces navires sont systématiquement suivis ou escortés par la Défense belge lors de leur passage. En 2023, 63 missions ont été menées par les deux navires patrouilleurs de la marine belge.
Des hélicoptères maritimes ont également été mobilisés à trois reprises, et le Maritime Operations Centre d’Ostende, en collaboration avec le Maritiem Informatie Kruispunt (Carrefour d’Information Maritime) de Zeebruges, assure un suivi constant.
Mais face à ces nouvelles méthodes de sabotage, ces moyens sont-ils encore suffisants ? Theo Francken interpelle le gouvernement : "La Défense doit disposer des ressources nécessaires pour mieux surveiller la présence russe croissante dans nos eaux et intervenir si nécessaire".
L’enjeu est de taille : la mer du Nord est un carrefour stratégique pour l’énergie et les communications en Europe.