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Frederik X est arrivé mercredi à Nuuk, capitale du Groenland, pour une visite officielle de trois jours destinée à afficher son soutien au territoire autonome danois. Âgé de 57 ans, le souverain a salué de la main la dizaine de Groenlandais venus l’accueillir à l’aéroport, où l’attendait le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen.
Parmi les habitants présents, un homme de 44 ans confiait : « On est venu voir le roi. C’est important pour nous », alors que des drapeaux groenlandais étaient agités à son arrivée. Cette tournée intervient dans un climat diplomatique tendu. Donald Trump a récemment affirmé vouloir prendre le contrôle de l’immense île arctique, suscitant l’inquiétude à Copenhague et dans plusieurs capitales européennes.
« Cela nous préoccupe »
Fin janvier, en annonçant sa venue, Frederik X s’était dit « profondément solidaire » des Groenlandais, se disant préoccupé par la situation. « À travers la presse, on peut voir et sentir que les gens ont été très inquiets (…), c’est clair que cela nous préoccupe tous les deux », avait-il déclaré, en référence également à la reine Mary.
En mars 2025, face aux critiques du vice-président américain JD Vance sur l’inaction supposée du Danemark dans la région, le roi avait assuré : « Il ne doit y avoir aucun doute sur mon amour pour le Groenland, et mon lien avec le peuple groenlandais est intact ».
Le souverain visite le lycée de Nuuk, l’entreprise de pêche Royal Greenland ainsi que le siège de l’Arctic Command, chargé de surveiller et protéger la souveraineté du Royaume du Danemark dans l’Arctique. La journée doit s’achever autour d’un café au centre culturel de la capitale. Jeudi, il se rendra à Maniitsoq, à environ 150 kilomètres au nord de Nuuk, pour rencontrer des entrepreneurs locaux. Vendredi, il visitera à Kangerlussuaq le centre d’entraînement arctique des troupes danoises.
Une monarchie populaire malgré un passé colonial
Malgré un passé colonial difficile entre le Danemark et ce territoire autonome, la monarchie conserve une forte popularité au Groenland. Amateur d’activités de plein air, Frederik avait lui-même traversé l’île en 2000 lors d’une expédition à ski de quatre mois et 3.500 kilomètres avec la patrouille d’élite Sirius de la marine danoise.
Washington affirme régulièrement que le contrôle du Groenland est crucial pour la sécurité des États-Unis, estimant que le Danemark et les Européens ne protègent pas suffisamment cette zone stratégique face aux ambitions russes et chinoises.
Donald Trump a toutefois renoncé à ses menaces après la signature d’un accord-cadre avec le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte. Ce texte vise à renforcer l’influence américaine et ouvre la voie à des pourparlers entre le Danemark, le Groenland et les États-Unis. Ces tensions ont néanmoins provoqué l’une des crises les plus graves de l’histoire de l’Alliance atlantique depuis sa création en 1949.
















