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Le ministre de la Défense, Theo Francken, n’exclut pas la possibilité de déployer des militaires pour surveiller les prisons. « Les militaires ne sont pas des gardiens, mais la situation est intenable », observe-t-il. Le ministre promet de consulter sa collègue de la Justice, Annelies Verlinden.
La directrice générale de l’administration pénitentiaire, Mathilde Steenbergen, a de nouveau tiré la sonnette d’alarme mardi. Le nombre de détenus dormant à même le sol a de nouveau dépassé les 600, et la situation est devenue « intenable », a-t-elle déclaré.
La cheffe de l’administration pénitentiaire évoque une combinaison de surpopulation structurelle, une pénurie de personnel chronique et une pression de travail croissante. Il est donc « extrêmement difficile et souvent impossible » pour les gardiens « de mener leur mission légale sûrement et humainement ». Il semblait y avoir de l’espoir pour une amélioration durant des mois mais selon elle, il s’est désormais transformé en désillusion. « Aujourd’hui, le sentiment d’abandon prédomine. La réalité sur le terrain est plus dure que jamais, alors qu’aucun renfort concret n’est prévu. »
Mathilde Steenbergen demande donc une « aide urgente » et n’exclut pas des mesures exceptionnelles. Si nécessaire, la police ou l’armée pourraient être déployées temporairement pour surveiller les détenus dormant à même le sol et soulager le personnel pénitentiaire. La situation actuelle est d’après elle « dangereuse, inhumaine et inacceptable pour les détenus et le personnel ».
Elle a contribué à orchestrer elle-même toute cette misère
Le gouvernement se penche sur cette question depuis des mois, mais sans accord. « La surpopulation carcérale est un problème majeur. Et je crois que les personnes condamnées doivent être punies humainement », a réagi Theo Francken ce mercredi. Il souligne que la Défense est déjà très occupée, mais promet de consulter la ministre Verlinden.
Le ministre Francken a taclé au passage Mathilde Steenbergen. Sous la précédente législature, elle était cheffe de cabinet des ministres de la Justice Vincent Van Quickenborne et Paul Van Tigchelt (Anders, ex-Open Vld). Selon M. Francken, qui siégeait alors dans l’opposition, elle « a contribué à orchestrer elle-même toute cette misère. »















