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L’Africa Museum au cœur d’un bras de fer international : ses archives sur les minerais congolais suscitent d’importantes convoitises

par RTL info avec Claire Carosone et Dominique Schochaert.
Les archives géologiques et minières sur les richesses minières du sous-sol congolais, et qui pour certaines reposent à l’Africa Museum depuis près de cent ans, intéressent aujourd’hui une entreprise américaine. Mais les autorités belges refusent de lui en accorder l’accès total estimant que ces archives publiques ne peuvent être confiées à une société privée.

Dans les sous-sols de l’Africa Museum près de Bruxelles, se trouve une richesse insoupçonnée : près d’un demi-kilomètre d’archives géologiques et minières. Ces documents retracent plus d’un siècle de recherches sur les ressources naturelles du sous-sol congolais. Issues de compagnies minières, de géologues retraités ou encore des chercheurs du musée, ces archives comprennent des cartes, des analyses et des documents historiques inestimables.

Dernièrement, cette collection attire l’attention non seulement des chercheurs, mais aussi d’une société privée américaine, KoBold Metals, spécialisée dans la recherche de minerais. Elle a proposé de numériser toutes ces archives en échange d’un accès exclusif. Cette offre pourrait faciliter l’exploration des ressources minières, mais elle suscite toutefois une vive polémique.

Ces archives sont un bien public, protégé par les lois belges et européennes

Mais la proposition pose problème. « Une compagnie privée propose de traiter l’ensemble de nos archives, de les scanner massivement, explique François Kervyn, directeur du département des sciences de la Terre à l’AricaMuseum. Ça ne rentre pas dans le cadre de ce qu’on peut considérer comme acceptable. Car ces archives sont un bien public, protégées par les lois belges et européennes ». Conformément à ces lois, ces documents ne peuvent pas être transférés à un acteur privé qui les exploiterait à des fins commerciales.

« Nous voulons travailler dans le sens de la paix et de la souveraineté »

Les revendications d’associations concernées vont encore plus loin. Elles demandent un transfert de ces archives en RDC, mais aussi à destination de la diaspora congolaise. Selon l’une d’entre elles, « Nous, on ne soutient pas du tout le transfert de ces archives de manière exclusive à une société américaine, bien au contraire, éclaire Brenda Odimba, représentante du collectif FREE CONGO. Nos revendications sont plutôt de l’ordre du transfert de ces archives au Congo, à la RDC, mais aussi à la diaspora, pour que nous aussi nous puissions travailler dans le sens de la paix et de la souveraineté. »

« Pas à nous de décider en lieu et place de la RDC », dit la ministre Vanessa Matz

De son côté, le musée insiste sur son engagement pour rendre ses trésors accessibles : « Nous transmettons, une fois leur numérisation faite, ces archives vers la RDC, explique Vanessa Matz, ministre du Numérique. Et donc si la RDC décide à un moment donné, elle, de conclure un contrat avec cette société américaine pour pouvoir en disposer pour cette société, évidemment c’est possible, mais ce n’est pas à nous de décider en lieu et place de la RDC. » Un vaste projet de numérisation en collaboration avec les autorités congolaises est donc en cours.

Cette question des archives reflète les ambitions de Kinshasa pour développer son potentiel minier. La République démocratique du Congo, qui possède l’une des terres les plus riches en minerais, signait d’ailleurs l’été passé un accord de principe avec Kobold Metals pour explorer plusieurs dizaines d’hectares du pays.

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