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Les élèves renvoyés deux fois ou plus pourraient ne plus pouvoir s’inscrire que dans une école spécialisée : l’idée de la ministre Demir fait polémique

par RTL info
Face à la hausse des comportements jugés « extrêmement problématiques » dans les écoles, la ministre flamande de l’Enseignement Zuhal Demir envisage de contraindre certains élèves multi‑exclus à s’inscrire uniquement dans des établissements spécialisés.

Mettre tous les élèves ayant de graves problèmes de comportement dans des écoles séparées n’est pas la voie à suivre et risque surtout de les stigmatiser : voici ce qu’affirme ce vendredi la commissaire aux droits de l’enfant Caroline Vrijens, en réaction au plan de la ministre flamande de l’Enseignement Zuhal Demir (N-VA). Celle-ci veut que les jeunes renvoyés deux fois ou plus pour comportement extrême ne puissent s’inscrire que dans une école spécialisée.

Zuhal Demir a présenté cette idée jeudi en commission de l’Enseignement, expliquant qu’elle s’inquiète pour les élèves « qui mettent en danger le droit à l’apprentissage de toute la classe » et passent « d’une école à l’autre ».

La réaction de la ministre faisait suite à une question du député Jan Laeremans (Vlaams Belang) sur les écoles confrontées à des « carrousel-leerlingen » : des élèves renvoyés à répétition qui passent d’un établissement à l’autre.

Zuhal Demir se dit favorable, dans les cas les plus extrêmes, à l’idée d’obliger ces jeunes « à ne pouvoir s’inscrire que dans une école qui travaille spécifiquement sur certains problèmes de comportement et de discipline ». Selon elle, il s’agit « d’un pourcentage très faible d’élèves, pour lesquels il faut vraiment procéder à un reset en profondeur, repartir de zéro ».

« Aller à l’encontre de l’inclusion »

Pour Caroline Vrijens, cette piste n’est pas la bonne. « Cette idée va à l’encontre du mouvement pour lequel nous plaidons depuis des années, celui d’une école plus inclusive », déclare-t-elle. « Ces jeunes seraient arrachés à leur environnement et regroupés avec d’autres élèves qui traversent eux aussi de grandes difficultés. »

Selon elle, le groupe concerné est également plus large que ce que l’on pense. « Ce sont encore des jeunes en plein développement. N’oublions pas que nous parlons de jeunes, pas d’adultes », insiste Caroline Vrijens. « Ils sont encore en plein développement, vulnérables, et ils méritent vraiment plusieurs chances. »

Elle appelle à mieux comprendre ce qui se cache derrière ces comportements. D’après la commissaire, les élèves concernés relèvent souvent de trois profils : des jeunes souffrant de problèmes psychiques, d’un trouble ou d’un handicap ; des jeunes vivant une situation familiale difficile (pauvreté, addiction, séparation conflictuelle) ; des jeunes influencés par d’autres.

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