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Plus de smartphones, de ponts ni de jours blancs : les élèves flamands se rebellent contre leur ministre de l’éducation

Par RTL info avec Pauline Laurent
Alors qu’une marche est organisée ce dimanche par le front commun syndical enseignant à Bruxelles contre les mesures d’économies du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la colère gronde aussi dans l’enseignement flamand. Mais pour tout autre chose : ce sont les élèves qui protestent contre la ministre flamande de l’éducation.

Ce jeudi, les élèves flamands sont descendus dans les rues. Ils protestent aussi massivement sur les réseaux sociaux avec des vidéos détournées se moquant directement de la ministre flamande N-VA de l’éducation, Zuhal Demir. Leur frustration est en effet dirigée contre celle qui est en poste depuis septembre 2024.

Manifestation contre Zuhal Demir à Louvain
Manifestation contre Zuhal Demir à Louvain - Ine Gillis / Belga
Manifestation contre Zuhal Demir à Anvers
Manifestation contre Zuhal Demir à Anvers - Robbe Vandengehuchte / Belga
Manifestation contre Zuhal Demir à Anvers
Manifestation contre Zuhal Demir à Anvers - Robbe Vandengehuchte / Belga
Manifestation contre Zuhal Demir à Anvers
Manifestation contre Zuhal Demir à Anvers - Robbe Vandengehuchte / Belga
Zuhal Demir
Zuhal Demir - Dirk Waem / Belga

Elle est fortement critiquée par une majorité d’élèves, mais aussi de professeurs, pour ses méthodes strictes et autoritaires. Son objectif est d’élever le niveau de l’éducation en Flandre mais pour y parvenir, elle se base sur un modèle assez traditionnel inspiré de son expérience dans les écoles britanniques.

Elle veut instaurer plus de discipline et de rigueur et élargir les connaissances des enfants en mathématiques, sciences et langues. Le reste, comme la philosophie, la religion ou le sport, a peu d’importance pour elle. Le 8 janvier dernier dans un rapport de la commission de l’éducation elle affirmait : « Ces matières ne sont pas une priorité pour moi. J’ai d’autres chats à fouetter beaucoup plus importants ».

Interdiction du smartphone et volonté de supprimer des jours de congé

Parmi les mesures très contestées prises se trouve l’interdiction du smartphone dans toutes les écoles. Une mesure appliquée depuis la rentrée de septembre et très décriée par les élèves.

Le mois dernier, en décembre, elle a également dit vouloir réduire le nombre de journées pédagogiques, de jours blancs et de jours de congé. Les jours de congé concernent les jours placés par certains établissements pour, par exemple, faire un pont.

Quand aux jours blancs ce sont les fameux jours après les examens, juste avant les vacances, où souvent il n’y a pas de cours avec de l’apprentissage pur et dur. Zuhal Demir veut donc que des cours théoriques soient donnés du premier au dernier jour d’école.

Pour appuyer cette mesure, la ministre s’appuie sur des chiffres. Les élèves flamands bénéficient de 11 % de cours en moins que la moyenne de l’OCDE, soit jusqu’à 22 jours de cours perdus par an. Pour rappel, l’OCDE regroupe les pays d’Amérique latine, d’Europe, l’Australie et quelques pays d’Amérique du Sud.

Les enseignants ne la soutiennent pas non plus

Une enquête menée par Teacher Tapp Vlaanderen auprès de 1305 enseignants montre que le projet rencontre peu de soutien sur le terrain.

86 % des enseignants interrogés s’opposent à l’obligation d’enseigner du premier au dernier jour d’école. Un pourcentage similaire rejette la suppression ou la réduction des journées pédagogiques.

Une grande différence avec les manifestations côté francophone

En Fédération Wallonie-Bruxelles, les manifestants sont essentiellement les professeurs et non les élèves et les revendications portent sur les mesures d’économie qui impactent l’enseignement, puisqu’on demande aux professeurs de travailler plus pour gagner autant d’argent et que les établissements sont moins subsidiés et donc ont moins d’équipements.

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