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Mons sans chauffage ni eau chaude : « De mémoire de gaziers, on n’avait pas vu ça depuis plus de 40 ans »

par RTL info avec Julien Crête et Gaetan Zanchetta.
Mons s’est réveillée une quatrième fois dans le froid, sans chauffage, ni eau chaude. La ville reste privée de gaz. Sur les 12.000 foyers impactés seuls 800 ont été reconnectés. Le temps presse vu les températures glaciales de ce dimanche.

Une pièce défaillante dans une cabine d’ORES, le gestionnaire de réseau. Voilà ce qui a privé de gaz 12000 foyers de Mons depuis plusieurs jours. Mais la reconnexion au gaz progresse. « On a terminé de reconnecter l’ensemble des clients dans la poche de Cuesmes, et dès que toutes les conditions de sécurité seront réunies, à partir de 14h nous entamerons le porte-à-porte à Nimy et enchaîner avec les zones de Mons ».

Annabel Vanbéver, porte-parole d’ORES, a tenu à rassurer les habitants : « Il ne s’agit pas d’une fuite, ni d’un acte de vandalisme ou d’un acte malveillant ». L’absence d’erreur humaine rend cet événement encore plus rare. « J’en discutais avec mes collègues ce matin, qui me disaient que de mémoire de gaziers, on n’avait pas eu de telle situation depuis plus de 40 ans », a-t-elle souligné.

Place au porte-à-porte

Le rétablissement du service est en cours et mobilise une logistique humaine et technique considérable. Le nombre de foyers secourus aurait atteint 800 ce dimanche matin. Les personnes absentes pourront contacter ORES via un numéro de téléphone spécifique laissé dans la boîte aux lettres pour fixer un rendez-vous afin de réactiver leur vanne.

Les équipes d’ORES multiplient les interventions méthodiquement : chaque foyer concerné doit être vérifié pour garantir une reprise sécurisée de l’alimentation. Ce processus, bien que rigoureux, impose toutefois aux habitants un délai prolongé avant un retour complet à la normale.

« On ne perd pas de vue la situation dans laquelle sont plongés les clients »

ORES, acteur clé dans la gestion du réseau de distribution de gaz en Wallonie, opère un réseau impressionnant de plus de 10.000 kilomètres de conduites et près de 4.000 cabines gazières. L’incident de Mons, qui a impliqué une mise en sécurité automatique de 14 cabines, illustre à quel point l’échelle et la complexité de ce réseau peuvent rendre certaines pannes particulièrement spectaculaires. L’entretien et les contrôles de sécurité y sont stricts, ce qui rend cet incident d’autant plus singulier. « Une situation exceptionnelle, mais on sait des conséquences qui restent compliquées pour les clients, admet Annabel Vanbéver. Et ça, on ne le perd évidemment pas de vue ».

Des équipes venues d’autres régions wallonnes

Les conséquences humaines de cette panne sont également au cœur des préoccupations. Face à l’ampleur de l’incident, ORES a mobilisé des ressources supplémentaires. Des équipes venues d’autres régions wallonnes, et notamment du Luxembourg, sont venues prêter main-forte pour assurer un rétablissement le plus rapide possible. Malgré ces renforts, la coordination et les interventions indispensables continueront à mobiliser les équipes encore plusieurs heures. « Aujourd’hui, l’analyse, le moment, je dirais, n’est pas au coût, mais vraiment au rétablissement de la situation pour tous les clients », a déclaré Annabel Vanbéver. Néanmoins, cette mobilisation exceptionnelle aura sans aucun doute un impact financier à évaluer à terme.

« Une grande mobilisation »

Près de 12.000 vannes ont été coupées pour permettre le relancement du gaz, un travail d’équipe immense. « Fermer les vannes et puis refaire la même opération pour les rouvrir en toute sécurité et ce en un temps record de quelques jours, je pense que ça a véritablement nécessité une grande mobilisation à la fois chez les équipes mais aussi dans la population qui a répondu présent et que je voudrais vraiment remercier », détaille le bourgmestre, Nicolas Martin.

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