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Damien Ernst: une erreur "colossale" au barrage d'Eupen est la cause de la gravité des inondations dans les localités de la vallée de la Vesdre

 
 

La bourgmestre de Verviers accusait déjà ce lundi matin sur Bel RTL: si les inondations ont été les pires dans les localités qui bordent la Vesdre, c'est parce que le barrage d'Eupen qui permet partiellement de contrôler le débit de la rivière n'a pas anticipé les précipitations abondantes de fin de semaine. Elle faisait écho aux propos de Damien Ernst, ingénieur informaticien et professeur de l'université de Liège, qui dimanche sur les réseaux sociaux n'hésitait pas à utiliser les termes d'"erreur colossale". Il s'est expliqué à nouveau ce lundi dans le RTL INFO 13h.

"La majorité des destructions ont eu lieu dans la vallée de la Vesdre, le long du cours d'eau. Elles sont principalement dues au fait que le barrage d'Eupen a du relâché de l'eau en pleine crise alors qu'il était censé la retenir. Il y a eu une erreur majeure en termes de prévision.

Il aurait fallu relâcher de l'eau de ce barrage dès samedi ou dès lundi pour avoir la capacité suffisante pour retenir l'eau au pic de la crue. Cela n'a pas été fait. Ils ont du lâcher l'eau le mercredi, ce qui a créé ce "tsunami" qui a ravagé Verviers, Eupen, Dolhain et tous ces endroits le long de la Vesdre. C'est vraiment une erreur colossale en termes de gestion de risque. Les responsabilités sont immenses. On ne peut pas attribuer cette erreur à la malchance", a estimé l'ingénieur en colère.

"La Belgique a été notifiée dès samedi qu'il y avait un risque d'inondations majeures (NDLR: affirmation du journal britannique Sunday Times). Dimanche, les prévisions étaient déjà claires, on allait avoir des précipitations exceptionnelles. Il fallait dès ce moment-là commencer à vider le barrage d'Eupen pour garder cette capacité de réserve. Le barrage n'a pas été vidé de manière préventive. Je vois maintenant qu'ils essaient de masquer la vérité et ça m'énerve énormément. C'est pour ça que la vallée de la Vesdre est beaucoup plus touchée. On ne peut pas fuir ses responsabilités en déclarant qu'il y a eu un problème de prévisions météo. Ce n'est pas vrai, les prédictions étaient là", a lancé Damien Ernst, particulièrement remonté.

L'Institut royal météorologique (IRM) a enregistré un record de précipitations sur 48 heures en province de Liège, avec plus de 271 mm relevés à Jalhay et 217 mm à Spa. "C'est exceptionnel", avait annoncé vendredi le responsable des prévisions météorologiques David Dehenauw sur Twitter. "Cela arrive statistiquement une fois en 200 ans. Normalement on relève 100 mm en juillet dans ces régions", avait-il ajouté. Selon l'IRM, les quantités de précipitations relevées entre les 13 et 15 juillet dans l'est et le centre du pays, étaient pour la plupart très abondantes et même extrêmes pour certaines.


 




 

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