En 10 ans, 1.200 agences bancaires ont fermé leurs portes en Belgique: sont-elles encore utiles?

Les agences bancaires ferment les unes après les autres. Une situation compliquée pour de nombreux habitants qui se sentent ainsi délaissés.

En 2017, 203 agences bancaires ont ainsi disparu en Belgique. En 10 ans, on constate la fermeture de plus de 1.200 agences. Les banques tentent ainsi de réduire au maximum leurs coûts. Ces dernières partent du principe que les clients utilisent désormais les ordinateurs ou le smart banking pour effectuer tout type d'opérations bancaires. 

Pourtant, ces alternatives ne sont pas accessibles à tous. L'absence d'agence bancaire à proximité du domicile complique le quotidien de nombreuses personnes. 

A Gouvy, dans la province de Luxembourg, la situation devient difficile. La seule agence du village a fermé ses portes. Il faut désormais faire plusieurs dizaines de kilomètres pour retirer des espèces.


"On ne peut pas vous obliger à utiliser un ordinateur"

"Je vais avoir 76 ans. Aujourd'hui, je sais encore rouler. Mais est-ce que je saurais rouler demain ? On ne peut pas vous obliger à utiliser un ordinateur", déplore Annie au micro de Guillaume Fraikin.

A Jupille, en province de Liège, une affiche annonce la fermeture prochaine de l’agence Fortis. Dans la rue, il y a plusieurs autres banques mais les clients Fortis se sentent délaissés. Daniel souffre d’un handicap à la jambe et n’est pas véhiculé. Il regrette cette soudaine disparition. "Je n’ai pas l’habitude de prendre le bus. Je vais devoir courir jusqu’à Liège", regrette-t-il au micro de Guillaume Fraikin.

Pour Arlette qui vient régulièrement effectuer des paiements, la solution est toute trouvée. Le changement de banque s’impose. "On ne va pas courir pour aller faire un retrait ou un paiement. C’est ridicule", constate-t-elle.


La relation entre le client et sa banque évolue

Face à la croissance des paiements via application ou internet, les agences continuent de fermer les unes après les autres et délaissent ainsi de nombreux clients.

Pour Rodolphe De Pierpont, porte-parole de la fédération belge du secteur financier, c’est la relation entre le client et sa banque qui est amenée à évoluer. "Le client n’a plus besoin d’aller en agence pour toutes les opérations. Ce qui implique que le rôle de l’agence évolue. Ce ne sont plus des bureaux où l’on est derrière une vitre blindée. De plus en plus, les agences sont des lieux ouverts où le client va pas pour un conseil personnalisé", indique-t-il. 

Ainsi, il faut s'attendre à ce que les agences bancaires se fassent de plus en plus rares, sans pour autant disparaître, selon le porte-parole de la fédération belge du secteur financier. "Ça ne veut pas dire pour autant que les agences vont disparaître. Elles vont rester comme lieu de conseil", ajoute-t-il. 

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