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Le testing salivaire dans les écoles, c'est fini: "Il suffisait pour les ministres de claquer des doigts", regrette le promoteur du projet

Le testing salivaire dans les écoles, c'est fini:
© Image Belga
 
CORONAVIRUS
 

Le projet-pilote de tests Covid salivaires auprès du personnel enseignant ne sera pas étendu aux 2.700 écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui embraiera plutôt sur la stratégie des autotests, a indiqué lundi la ministre de l'Éducation Caroline Désir, interrogée à la suite d'une information du Soir.

"Le défi logistique est un casse-tête insoluble pour le testing salivaire, en Fédération Wallonie-Bruxelles comme en Flandre, et les premières analyses font apparaître des bénéfices très limités", a justifié la ministre, par la voix de son porte-parole. "Comme les autres entités, la Fédération Wallonie-Bruxelles travaille au déploiement d'auto-tests selon des modalités spécifiques dont la définition est en cours de finalisation", a ajouté Mme Désir (PS).

Pendant tout le mois de mars, plus de 2.200 enseignants issus de 20 écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles et 40 de Flandre se sont soumis chaque matin à un test salivaire à domicile, avant d'envoyer leur échantillon aux laboratoires. Le résultat était connu dans la soirée. Le projet-pilote n'a permis d'identifier que deux clusters: un en Wallonie et un à Bruxelles. La Flandre l'a abandonné.

46,8 euros par test 

L'étendre aux 2.700 établissements d'enseignement fondamental et secondaire de la FWB aurait nécessité de livrer le matériel d'une centrale aux écoles pour tester les enseignants (volontaires) une à deux fois par semaine, porter les tests aux hotspots, etc. Solliciter une nouvelle fois la bonne volonté de directions d'école déjà surchargées par la situation de crise était inenvisageable.

Et si la proposition promue par le vice-recteur à la recherche de l'ULiège, Fabrice Bureau, fournissait gratuitement les kits à la FWB, l'argent public était lourdement sollicité pour l'analyse des tests à charge du budget de l'Inami.

À raison de 46,8 euros par test à réaliser une à deux fois par semaine sur un maximum d'enseignants, le coût aurait pu exploser à 6,5 millions d'euros par semaine pour le sud du pays.

Au-delà d'un ratio coût-bénéfice faible, d'aucuns rappellent aussi que le projet-pilote a été imposé par le commissariat corona à une époque où les autotests n'étaient pas encore en vue. La Fédération Wallonie-Bruxelles est désormais inscrite dans cette stratégie d'autotests, jugée plus efficace et moins coûteuse.

"Le problème logistique et le problème financier sont de faux problème"

En direct dans le RTLINFO 13H, Fabrice Bureau, vice-recteur en charge de la recherche à l'université de Liège fait part de sa déception de voir le projet-pilote de tests Covid salivaire abandonné. "Ces tests salivaires ont montré tout leur intérêt dans les maisons de repos et les écoles où on a découvert des clusters", a-t-il raconté. "Le problème logistique et le problème financier sont de faux problèmes (...) Il suffisait pour les ministres de claquer des doigts pour qu'on soit dans les écoles en deux temps trois mouvements. Pour ce qui concerne le budget, ça fait depuis mi juillet 2020 que l'on propose aux pouvoirs politiques de réduire très, très fortement les prix du testings salivaires suivi du PCR (...) En plus on avait un accord pour offrir les kits à la Fédération-Wallonie-Bruxelles dans les écoles primaires et secondaires"

Que faire des 500.000 tests salivaires déjà commandés ? Fabrice Bureau voudrait essayer de convaincre de leur utilité dans les écoles primaires et secondaires. En outre, il y a la possibilité de tester dans les universités et les hautes écoles "qui sont des endroits où le virus circule pas mal", souligne-t-il. Ces tests, affirme-t-il, permettraient de répondre à l'objectif de "rendre une vie normale aux étudiants".

 




 

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