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Adélaïde Charlier réagit après le rapport très alarmant pour le climat: "Il est temps d'arrêter de jouer avec les mots"

 
 

Pire et plus vite qu'on le craignait. Le réchauffement de la planète pourrait atteindre le seuil de +1,5°C autour de 2030, dix ans plus tôt qu'estimé, menaçant de nouveaux désastres "sans précédent" l'humanité, déjà frappée par des canicules et inondations en série.

A moins de trois mois de la conférence climat COP26 à Glasgow, le constat choc des experts climat de l'ONU (Giec) publié lundi, sonne comme un branle-bas de combat : les humains sont "indiscutablement" responsables des dérèglements climatiques et n'ont d'autre choix que de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, s'ils veulent en limiter les dégâts.

Ce premier rapport d'évaluation depuis sept ans, adopté vendredi par 195 pays, passe en revue cinq scénarios d'émissions de gaz à effet de serre, du plus optimiste - certains diraient utopiste - à l'hypothèse du pire (en savoir plus).

Dans le RTL INFO 19h, Adélaïde Charlier, cofondatrice du mouvement Youth for Climate, a commenté la publication de ce rapport.

"Depuis les nombreuses marches pour le climat, on a constaté un changement de mentalité chez de nombreux citoyens. On voit qu'on commence à parler du climat dans quelques parlements et gouvernements, donc la mobilisation a eu un impact. Mais on n'y est pas du tout encore. C'est ce que le rapport du GIEC nous dit encore aujourd'hui. La nature, le climat, n'attendent pas les intentions politiques. Elles ne peuvent voir que les actions. Il y a eu des changements de mentalité mais pas d'action. On ne voit pas de changement dans notre manière de vivre."

Il est temps d'arrêter de jouer avec les mots

Que lui inspire le rapport du GIEC? "En tant que jeune fille de 20 ans, me réveiller un lundi matin avec un rapport comme celui-là, c'est assez déprimant. C'est un peu comme être dans une classe d'école, d'entendre la sonnette d'alarme sonner depuis longtemps et d'entendre les professeurs dire 'Restez assis, pas de souci, on gère la situation. On est perdu et on ne comprend pas ce qu'on doit faire. On est prêt à faire ce changement. On ne comprend pas l'inaction face à ce dérèglement climatique. Les scientifiques continuent de tirer la sonnette d'alarme depuis 30 ans. Il est temps d'arrêter de jouer avec les mots. Il faut réellement passer à l'action."

Et de conclure: "Il y a des engagements verbaux du côté des politiques. Il y a un changement au niveau européen avec un "green deal" et un pack pour faire face au dérèglement climatique, mais ces ambitions ne sont pas assez élevées. Les actions ne se passent pas aujourd'hui et sont prévues dans les futures années. Le climat ne le comprend pas et donc si on ne change pas, le climat continuera à changer. On continuera alors à avoir des rapports comme celui d'aujourd'hui et des désastres climatiques."


 




 

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