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« Je ne pouvais pas signer à l’Union » : Théo Léoni assume son choix et revit pleinement à Reims

par Emiliano Bonfigli
Théo Léoni est heureux. L’ancien joueur d’Anderlecht revit du côté de Reims, lui qui a refusé de revenir en Belgique dans le club rival des Bruxellois.

Arrivé au Stade de Reims avec l’objectif clair de retrouver du temps de jeu et de reprendre du plaisir, Théo Léoni s’est rapidement imposé comme un titulaire indiscutable. Avec 19 matchs de Ligue 2 dont 18 titularisations, ainsi qu’un parcours remarqué en Coupe de France, le milieu belge a retrouvé confiance, rythme et efficacité.

Dans cet entretien, il revient sur sa renaissance en France, son attachement viscéral à Anderlecht, son refus de rejoindre l’Union Saint-Gilloise malgré la Ligue des champions, et sa fin d’aventure contrastée en Belgique.

Comment vivez-vous vos premiers mois au Stade de Reims ?

Très bien. L’objectif était simple : retrouver du temps de jeu et reprendre du plaisir sur le terrain. Ici, j’ai la confiance du staff et du coach, et pour un joueur, c’est fondamental. Quand on se sent soutenu, on peut s’exprimer pleinement. J’enchaîne les matchs, je me sens de mieux en mieux physiquement et mentalement. Je prends confiance et j’essaie d’apporter un maximum au collectif. Mon choix de venir ici était réfléchi : je voulais m’épanouir et montrer mes qualités.

Vous avez aussi vécu une soirée marquante en Coupe de France avec un doublé contre Le Mans…

Oui, une très belle soirée. Mes deux premiers buts avec le club, une qualification en quart de finale… Ce sont des moments qui comptent. La Coupe de France est une grande compétition. On est la dernière équipe de Ligue 2 encore en lice. On veut aller le plus loin possible. Maintenant, on va à Strasbourg, dans un stade chaud face à une équipe de Ligue 1. Ce sera compliqué, mais en football, tout est possible.

Et en championnat, l’objectif est clairement la montée ?

L’ambition est de remettre le club là où il doit être. Mais la Ligue 2 est très serrée. Cinq ou six équipes se tiennent en quelques points. Deux victoires ou deux défaites peuvent tout changer. Il reste encore beaucoup de matchs, donc énormément de points à prendre. On a les infrastructures, les moyens et l’ambition pour jouer le haut du tableau.

Comment s’est noué le contact avec Reims ?

Le club a contacté Anderlecht, puis j’ai échangé avec la direction. Ça s’est fait rapidement. J’ai aimé leur vision et leur projet sportif. Je voulais jouer, retrouver des minutes. Le discours m’a rassuré. Il y avait aussi quelques profils belges dans le staff (Karel Geraerts) et parmi les joueurs (Maxime Busi), ce qui m’a donné un cadre familier.

Ce n’est pourtant pas évident de rejoindre un club de Ligue 2…

Certains peuvent le penser, mais Reims est un club mythique. Quand on regarde le palmarès, les titres de champion de France, les finales européennes… C’est un grand club. Les infrastructures et les moyens montrent que ce club n’a pas vocation à rester en Ligue 2.

Vous aviez aussi une offre de l’Union Saint-Gilloise, qualifiée pour la Ligue des champions…

Oui, l’Union a pris des renseignements dans les dernières heures du mercato. C’est un grand club aujourd’hui, ils dominent en Belgique et jouent la Ligue des champions. Mais vis-à-vis d’Anderlecht, mon club de cœur depuis mes 12-13 ans, je ne voulais pas défendre d’autres couleurs en Belgique. J’avais toujours dit que si je quittais Anderlecht, ce serait pour l’étranger. Je voulais rester fidèle à mes principes.

Même la perspective de la Ligue des champions ne vous a pas fait hésiter ?

Non. Au-delà du joueur, je veux qu’on respecte la personne que je suis. Je ne voulais pas changer pour une meilleure situation sportive ou financière. Anderlecht représente trop pour moi.

Justement, que représente Anderlecht pour vous ?

Énormément. Je leur dois beaucoup. Jean Kindermans est venu me chercher en U13. Tous mes coachs du centre de formation ont cru en moi. Robin Veldman m’a lancé en équipe première, Brian Riemer m’a fait confiance. J’ai tout vécu là-bas : ramasseur de balles en Ligue des champions, supporter en tribune, puis joueur qui marque. Ça reste ancré en moi.

Vous avez regardé la demi-finale de Coupe de Belgique contre l’Antwerp ?

Oui. Je connais bien le club d’Anderlecht, je sais que dans les moments où tout le monde doute, certains joueurs élèvent leur niveau. J’avais le sentiment qu’ils allaient faire quelque chose. Après dix minutes, j’étais persuadé que c’était leur match. La finale face à l’Union au stade Roi Baudouin sera un très grand moment à vivre.

Comment analysez-vous votre fin de parcours à Anderlecht, notamment avec l’ancien coach Besnik Hasi ?

C’était particulier. La situation contractuelle n’a pas aidé. On n’était pas d’accord sur le renouvellement. Ensuite, il y a eu ce changement de coach. Avec David Hubert, je jouais, on disputait l’Europa League. Puis avec Besnik Hasi, j’ai eu très peu d’opportunités. Beaucoup de choses n’étaient pas très claires. Je n’ai pas vraiment eu la chance de m’exprimer sur la durée.

Les supporters réclament pourtant les jeunes formés à Neerpede…

C’est la beauté d’Anderlecht : la formation. Les jeunes ont souvent porté le club ces dernières années. C’est ce qui rend ce club spécial.

Vous avez joué avec Remco Evenepoel chez les jeunes…

Oui. C’était déjà un énorme travailleur. Très rigoureux, très passionné. Toujours à l’heure, toujours plus que les autres. Ce qu’il réalise aujourd’hui ne m’étonne pas. Il a une mentalité exceptionnelle.

Enfin, dans quelques mois, vous allez bientôt devenir papa…

D’un petit garçon. On est très heureux avec ma femme, très excités. On l’attend avec impatience. C’est un nouveau chapitre qui s’ouvre. Mais nous gardons pour nous le prénom.

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