Accueil Santé

« Ils sont prêts à mentir sur leur état de santé pour boucler leur fin de mois » : pourquoi est-ce dangereux d’importer du plasma en provenance des États-Unis ?

par RTL info avec Cathline Delvaux et Michaël Harvie
La Croix-Rouge manque de plasma. Elle lance donc aujourd’hui un appel d’urgence. Il s’agit d’une matière première vitale pour soigner les patients immunodéprimés, dont notre pays reste encore largement dépendant des États-Unis.

Les donneurs de sang et de plasma sont de plus en plus nombreux. C’est notamment le cas dans un centre de dons à Louvain-la-Neuve, où il a fallu passer de deux à cinq machines de prélèvement. Le plasma est ce qui compose à moitié votre sang. Il contient des protéines vitales pour l’organisme.

Océane est une habituée du centre. Depuis cinq ans, elle fait régulièrement des dons de plasma. « Je n’ai pas une hémoglobine qui est très élevée et donc au niveau des dons de sang, c’était un peu problématique. Mais pour le don de plasma je peux donner même avec un taux d’hémoglobine un peu plus bas », annonce la jeune femme.

« Et j’ai la chance de ne pas avoir de problème de santé donc si ça peut aider les autres j’en profite », affirme-t-elle.

dépendance vis-à-vis des États-Unis

« On extrait les anticorps du plasma qui vont servir pour toute une série de personnes qui ne produisent pas suffisamment d’anticorps, soit génétiquement, soit suite à des maladies », explique Magali Stevenot, responsable du centre de dons à Louvain-la-Neuve.

En 2018, 70 % des traitements administrés en Europe sont produits avec du plasma provenant des États-Unis. La Croix-Rouge décide donc d’intensifier les appels aux dons pour tendre vers l’autosuffisance.

Les besoins augmentent aussi vite, si pas plus vite que les prélèvements
Thomas Paulus, Responsable communication du service sang de la Croix-Rouge

« L’objectif était de tendre en quelques années, vers 50 % d’autosuffisance. Malheureusement on n’y est pas encore parce qu’en fait les besoins augmentent aussi vite, si pas plus vite que les prélèvements. On diagnostique plus de personnes ayant besoin de plasma. Il y a aussi le fait qu’on traite des maladies qu’on ne traitait pas avant avec des produits dérivés du plasma », souligne Thomas Paulus, responsable communication du service sang de la Croix-Rouge.

Une origine préoccupante

Aujourd’hui, la Belgique reste dépendante à 50 % du plasma américain, dont l’origine est préoccupante.

« Le don de plasma est rémunéré et donc ces personnes qui se trouvent dans ces situations parfois plus défavorisées ont besoin du plasma pour boucler leur fin de mois et donc sont prêtes à mentir sur leur état de santé pour avoir cette rémunération », alerte Thomas Paulus.

Pour remplir ses objectifs 2026, la Croix-Rouge doit prélever 57.000 dons de plasma, soit 10.000 de plus que l’an dernier.

Contenus sponsorisés

À la une

Les plus lus