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Ce jeudi 19 février 2026, le ramadan débute officiellement en Belgique. Outre la démarche spirituelle, pratiquer le jeûne dès l’aube jusqu’au coucher du soleil suppose évidemment quelques ajustements pour les athlètes de haut niveau. « C’est une période traumatisante pour le corps d’un sportif ! » nous explique Damien Pauquet, diététicien et nutritionniste du sport, bien connu dans le milieu du football.
Chaque club doit avant tout miser sur l’anticipation. « A l’approche du ramadan, les staffs médiaux des clubs prennent conscience qu’ils doivent faire preuve d’adaptation en modifiant notamment les programmes d’entrainements car jeûner parait incompatible avec la pratique d’efforts intenses. La charge de travail doit obligatoirement être modifiée.»
Afin d’éviter tout risque de blessures, le staff se doit de porter une attention toute particulière sur le joueur afin de l’encadrer au mieux. « Chaque corps va réagir différemment en fonction notamment de ses réserves. Mais le danger de blessures est bien réel… Il y a donc un programme individuel qui doit être mis en place, avec notamment des échauffements plus longs pour que les muscles soient bien chauds.»
«Les arbitres feront preuve de compréhension»
Le jour du match, la communication entre le joueur et le staff est également essentielle. « L’entraineur va demander au joueur s’il se sent prêt à jouer et généralement, celui-ci décide de « couper » le jeûne afin de répondre à ses obligations professionnelles. Mais ce choix appartient au joueur. Je n’ai jamais croisé d’entraineur mettant une certaine forme de pression, au contraire. Par contre, le coach doit être conscient que son joueur peut connaitre une contre-performance. La vigilance ou l’attention peuvent également être altérées par rapport à ce contexte. Le sport de haut niveau a ses exigences !»
Notre championnat de Belgique pourrait-il être impacté dès ce week-end avec de nouvelle mesures ? En 2022, on se souvient qu’Hervé Koffi avait simulé une blessure, permettant à ses coéquipiers de rejoindre le banc afin de rompre le jeûne. « Il n’y a pas de règles officielles ni de protocoles stricts liés à cette période du ramadan. » nous explique Jonathan Lardot, le patron de l’arbitrage belge. « Les arbitres font avant tout preuve de compréhension. Il peut d’ailleurs y avoir des discussions avec les staffs à ce sujet avant la rencontre pour évoquer ce contexte particulier. » Concrètement, on ne verra donc pas un arbitre interrompre momentanément une rencontre mais plutôt un ou plusieurs joueurs rejoindre le banc lorsque le jeu est interrompu. « Le temps d’un break, oui. Si le joueur le souhaite, il pourra aller vers le banc pour boire ou rapidement manger quelque chose. C’est une possibilité que l’arbitre va évidemment lui laisser. »
Un régime adapté
Outre la gestion des efforts physiques, ce sont également les habitudes alimentaires qui se retrouvent modifiées et qui doivent faire l’objet d’un suivi minutieux selon Damien Pauquet. « En ce moment, le soleil se couche vers 18h... C’est idéal ! Contrairement aux périodes estivales plus contraignantes. » Privé de repas durant la journée, le joueur peut alors composer un menu basé essentiellement sur des protéines mais également des dates, figues ou encore fruits secs, sources importantes de minéraux et de sucres. Quant au petit déjeuner, il sera lui composé essentiellement d’œufs brouillés, avocat, saumon et fruits. « L’élément incontournable et de plus en plus utilisé, c’est l’électrolyte. » ajoute Damien Pauquet. « Ce sont des pastilles effervescentes qui permettent d’éviter les crampes et de maintenir une bonne tension. On les propose dans une grande bouteille d’eau vers 18 heures puis les joueurs répartissent leur prise durant la nuit. »
Le métabolisme du sportif s’apprête donc à être bousculé. « Mais ce serait intéressant de voir si les chiffres et les fameuses datas confirmeront cela dans un mois ! » sourit Damien Pauquet.



















