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« C’est un peu cruel » : Mathieu Criquielion, fils d’une légende du cyclisme belge, dont le nom est trop souvent associé à un incident marquant

par RTL info avec Serge Vermeiren et Alexandre D’Haeseleer
Il y a 10 ans Claudy Criquielion nous quittait à l’âge 58 ans. Le coureur wallon a marqué les années 80 avec de très nombreux succès mais aussi des déceptions. Une certitude, il a inspiré de nombreux coureurs et il reste très présent dans la mémoire de Mathieu, un des fils.  

Notre journaliste Serge Vermeiren a rencontré Mathieu Criquielion à Tournai. Il a pu constater que le vélo était toujours très présent dans sa vie. « Quand on est né dedans, c’est difficile d’en sortir », confie-t-il. Mathieu porte toujours l’héritage de son père, considéré comme le meilleur coureur wallon des années 1980. « Dès qu’il y a un client qui est fou de vélo et qui me reconnaît, on en vient à reparler de papa et de toutes ses courses, confie Mathieu Criquielion, qui ne s’en cache pas, «adore parler de papa» . « Ce ne sont que des bons souvenirs. »

Coureur professionnel pendant cinq ans, Mathieu gère aujourd’hui un magasin de cycles. Parmi les quelques souvenirs de son père gardés précieusement, son maillot de champion du monde. C’était en 1984 à Barcelone. Le point d’orgue de sa carrière. Mais Criquielion, c’est aussi une poussée de Steve Bauer à Renaix en 87. Le geste empêche Claudy de remporter un deuxième titre mondial. L’image reste ancrée dans l’histoire du sport belge.

 C’est assez paradoxal. 

Vous regrettez peut-être que quand on pense à Criquielion, on pense d’abord à Renaix ?, lui a demandé Serge Vermeiren. « Oui, parce qu’on pense à Renaix et on pense au fait qu’il n’ait jamais gagné Liège-Bastogne-Liège. Plus peut-être qu’au fait qu’il ait gagné le Tour de Flandres. Donc c’est un peu cruel. C’est assez paradoxal. On gagne le Tour de Flandres et on retient surtout la deuxième place de Liège-Bastogne-Liège ».

Mais le nom de Criquielion est resté une source d’inspiration pour de nombreuses générations de coureurs. « Oui, certainement, constate Mathieu Criquielion. Je pense qu’il ne faut pas aller plus loin que Philippe Gilbert, car quand il remporte le Tour des Flandres, la première personne dont il nomme le nom après la course, je pense que c’est papa. Donc quand un gars comme ça en parle directement après sa victoire au Tour des Flandres, ça veut dire qu’il a marqué les époques ».

Dix ans après son décès, Lessines, son village, n’oublie pas son champion. Une carrière, un palmarès, mais aussi et surtout un nom qui fait la fierté de toute une région et d’un fils. « Je me souviendrai toujours de ma première course, raconte Mathieu Criquielion. Je n’avais jamais fait de vélo de ma vie et à l’inscription, les parents des autres gamins disaient ‘C’est le fils de. Il ne faut pas lâcher sa roue’. Alors que je n’avais jamais fait de vélo de ma vie, il y avait déjà une pression ».

Mais Mathieu a su gérer cette pression : « J’avais le gros avantage d’être quelqu’un de très posé, très calme, sans stress. Donc ça ne m’a jamais vraiment posé de problème.» Un trait de caractère qu’il tient de son père ? « Il paraît ! », lance-t-il.

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