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Malgré les volontés du gouvernement, l’industrie wallonne se porte mal : « On ne pose pas les bons choix »

par RTL info avec Justine Roldan Perez, Charlotte Simonart, Gaetan Delhez et Amélie Bailly
La Wallonie tente de relancer son industrie, mais les fermetures de sites et suppressions d’emplois freinent cet élan.

Depuis le début de l’année 2026, le secteur industriel wallon subit de lourdes pertes, malgré les volontés de relance orchestrées par le gouvernement. Les annonces de fermetures et restructurations se multiplient, plongeant l’industrie dans une situation critique. Parmi les faits marquants : la suppression de 179 emplois suite à la fin de la phase à chaud chez Thy-Marcinelle, la fermeture du site de Catalent à Gosselies avec 150 postes touchés, ou encore la décision du groupe verrier AGC de supprimer 103 emplois en Belgique.

Ces décisions radicales viennent mettre à mal les ambitions de revitalisation industrielle de la Wallonie. Pour Sébasien Dupanloup, secrétaire fédéral de la centrale générale FGTB : « On donne certaines aides d’État mais qui ne servent qu’aux actionnaires. On ne pose pas les bons choix en matière énergétique. On bloque les salaires des travailleurs, ce qui bloque aussi la consommation interne. C’est une somme d’erreurs qui sont commises aujourd’hui par différents gouvernements. »

Une baisse de 12% en 20 ans

Le tissu industriel wallon montre une érosion constante depuis deux décennies. Entre 2003 et 2024, le nombre d’emplois dans l’industrie manufacturière a diminué de plus de 12 %, passant de 146.342 à 128.188 postes. Pour Guillaume Vermeylen, économiste à l’UMons, cette tendance est attribuée à un manque de vision politique claire et cohérente entre les différentes régions de Belgique : « Quand la France décide de se positionner clairement sur le nucléaire, pour prendre un exemple, en Belgique, ce n’est pas vraiment ce qu’on fait. On n’a pas de décision unanime qui va prévaloir pour les trois régions. »

En 2025, bien que l’on ait enregistré 118 faillites d’entreprises industrielles, plusieurs signaux positifs accompagnent ce tableau sombre. Près de 250 nouvelles entreprises industrielles, en majorité des petites structures, ont vu le jour. Mais cette dynamique reste fragile.

Le coût de l’emploi, les conditions de travail, les défis énergétiques et fiscaux demeurent des priorités pour garantir cette stabilité nécessaire. Une priorité renforcée par l’apparition d’une taxe locale contestée, perçue comme un obstacle sérieux au développement. « On voit aujourd’hui des entreprises qui sont fort inquiètes parce qu’elles sont doublement taxées avec ces nouvelles taxes communales ou locales. Et on voit bien un départ de la production envers des pays étrangers parce que ça impacte de nouveau la productivité de nos entreprises. », déplore Jérôme Vecchio, vice-président de Akt For Wallonia.

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