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Sarah est un prénom d’emprunt. En avril 2022, elle prête serment comme avocate stagiaire au sein du cabinet de Marc Uyttendaele. Deux jours plus tard, une agression sexuelle aurait eu lieu dans son bureau, alors qu’ils sont en train de discuter. Après en avoir parlé à son entourage, elle quitte directement ses fonctions et décide de porter plainte, deux ans plus tard.
« J’ai hésité à en parler à mes proches parce que j’avais honte », confie Sarah. Elle évoque « quelqu’un qui par un à-coup se met à vous toucher ». « Vous ne savez pas comment réagir, raconte-t-elle. Il y a cette double violence de quelqu’un en qui vous avez mis votre confiance d’une part et puis votre maître de stage. C’était extrêmement violent. Et vous rajoutez évidemment la troisième violence qui est le fait qu’on vous touche alors que vous exprimez que vous n’en avez pas envie ».
Marc Uyttendaele nie les faits et sa défense va même jusqu’à évoquer, une sorte de coup monté. Son avocat Jean-Pierre Buyle disait en juillet 2024 : « Il a pris des positions à la suite du conflit à Gaza, et sur la question de l’antisémitisme, qui ont déplu à certains, ça c’est clair. Et on lui a dit à plusieurs reprises que ça n’en resterait pas là ».
Vers une procédure de médiation pénale ?
Acculé, Marc Uyttendaele aurait finalement reconnu partiellement les faits. Le parquet de Bruxelles, lui, estime établie l’infraction d’atteinte à l’intégrité sexuelle de la victime et propose une procédure de médiation pénale et de mesures.
« C’est tout simplement une convention qui est passée entre le ministère public, donc le procureur et un suspect, explique Frank Discepoli, avocat pénaliste, assistant en droit pénal et procédure pénale à l’ULB. Convention par laquelle le suspect va s’engager à suivre soit une formation, soit un suivi d’ordre psychologique, voire même des travaux d’intérêt général. Et lorsque ces conditions sont respectées entièrement par le suspect, en plus de l’indemnisation de la victime, alors il est mis fin à l’action publique. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de procès, il y a une reconnaissance de culpabilité ».
Contactée, Sarah réagit par le biais de son avocat. « Il y a quelques jours, ma mandante a appris que le parquet de Bruxelles considérait l’infraction établie et souhaitait entamer un processus de médiation et mesures, raconte Anthony Rizzo, avocat de la partie civile. Elle souhaite maintenant prendre le temps de la réflexion pour déterminer si elle participera ou non à ce processus ».
Contactée, l’avocate de Marc Uyttendaele précise qu’ils acceptent la médiation et que le juriste reconnaît sa responsabilité. Ils contestent par contre la version de la victime et évoquent une méprise.

















