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« Ce n’est ni un confort ni un luxe, ça me permet de rester en vie » : Nathan s’indigne de la hausse du prix de ses médicaments et dénonce « une médecine à deux vitesses »

par Nina Postiaux
Nathan se rend régulièrement à la pharmacie pour se procurer son traitement contre le diabète. Ses médicaments ont toujours été entièrement remboursés, mais depuis le 1er janvier 2026, il doit désormais payer 1 euro par boîte. Une situation qu’il déplore via notre bouton orange Alertez-nous. Et il n’est pas le seul.

« Je suis diabétique depuis 2005. L’insuline n’est pas un confort, ni un luxe. C’est ce qui me permet, chaque jour, de rester en vie. » Nathan, un habitant de Gozée, nous a contactés via le bouton orange Alertez-nous pour dénoncer la hausse du prix de ses médicaments contre le diabète.

Depuis le 1er janvier 2026, il doit en effet payer 1 euro par boîte. Et son traitement à l’insuline n’est plus remboursé, alors qu’il l’était entièrement auparavant. « Je dois désormais le payer de ma poche. Cela me revient à presque 40 euros par mois, regrette-t-il. Les conséquences risquent d’être très lourdes pour des milliers de citoyens ! »

Nathan est en effet loin d’être un cas isolé. Vous avez été plusieurs à nous solliciter via le bouton orange Alertez-nous pour la même raison. « Lors d’une visite chez mon médecin pour mon diabète, celui-ci m’a indiqué que j’allais devoir payer 2 euros pour chaque médicament, alors que ces derniers peuvent m’éviter des séquelles importantes », explique Dorothée, via le bouton orange Alertez-nous.

Des frais qui empêchent certains de se soigner

Nathan dénonce un changement passé un peu inaperçu et qui risque de rendre l’accès aux soins de santé compliqué pour beaucoup de citoyens. Selon lui, « cette décision ouvre la porte à une médecine à deux vitesses : ceux qui pourront continuer à se soigner sans se poser de questions, et ceux qui devront compter, hésiter, parfois renoncer à se soigner . »

Certains Belges s’inquiètent de l’accumulation de frais sur le long terme : « Les médicaments de ma fille, atteinte d’épilepsie, sont devenus payants. À cela s’ajoutent les rendez‑vous indispensables : psychologue, neuropsychologue, neurologue, kiné… Sans oublier les examens médicaux comme les prises de sang, EEG, etc. Beaucoup de familles vont devoir choisir entre se nourrir correctement ou payer les médicaments nécessaires à leur santé », s’indigne Anaïs.

Des pharmaciens tirent également la sonnette d’alarme : « Pour les boîtes qui ont augmenté de 1 ou 2 euros seulement, la plupart des patients continuent et continueront à les prendre. En revanche, en ce qui concerne les médicaments qui ont fort augmenté, comme c’est le cas pour les IPP et les statines (inhibiteurs de la pompe à protons et anticholestérol, Ndlr.), certains patients ne peuvent plus se permettre de les acheter et nous disent ‘non’. On risque de voir de plus en plus des patients ne plus se soigner », s’inquiète Xavier, pharmacien à Flénu (Mons).

Pourquoi cette augmentation ?

Ces nouveaux prix sur les médicaments sont en fait liés aux différentes mesures économiques sur les soins de santé, entrées en vigueur le 1er janvier 2026. Le ticket modérateur minimum pour les médicaments en pharmacie a été augmenté, ce qui explique l’augmentation des traitements de nombreux citoyens.

Certains soins de santé sont également moins bien remboursés par les mutuelles depuis le 1er janvier. Mais le cabinet de Frank Vandenbroucke l’affirme : « Les médicaments essentiels continueront à être remboursés, et le maximum à facturer continue de protéger les patients contre des dépenses trop élevées, en particulier les patients les plus vulnérables. Cette démarche s’inscrit dans un objectif plus large de durabilité du système de soins et non dans une logique de pénalisation des patients. »

Mais pour Nathan, il n’est pas question d’un simple ajustement budgétaire : « Il s’agit de traitements indispensables à la survie de personnes qui n’ont pas choisi d’être malades », conclut-il.

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