Accueil Actu Belgique Politique

Fraude, corruption, blanchiment : les partis de droite ferment les yeux, car « ils ont peur d’être les premiers » ciblés par la Justice, selon Michel Claise

par RTL info avec Martin Buxant
Michel Claise, ancien juge et désormais élu chez DéFI, est venu répondre aux questions de Martin Buxant dans le 7h50 de bel RTL. L’ancien homme de loi n’a rien perdu de ses convictions en prenant sa retraite et milite pour la création d’un organe indépendant de lutte contre la criminalité financière.

L’ancien juge Michel Claise, devenu élu chez DéFI, était l’invité de Martin Buxant dans le 7h50 de bel RTL ce jeudi matin. L’ancien magistrat a tiré la sonnette d’alarme sur l’état de la Justice dans notre pays, affirmant que l’on est passé du Moyen-Âge à la préhistoire, « dans cet ordre et pas dans l’autre ».

Pour faire avancer les choses, Michel Claise avance une solution pour aider la Justice dans son efficacité et dans sa recherche de fonds : la création d’un parquet national financier, comme celui qui existe en France et qui est à l’origine de la condamnation de Nicolas Sarkozy.

« C’est un parquet plus indépendant que le parquet traditionnel avec des magistrats spécialisés, avec des policiers spécialisés et qui évidemment sont dans la traque des grandes infractions financières », décrit-il. « Je vous donne un exemple, dans l’affaire Airbus en France, le parquet national financier ayant un pouvoir de taxe et d’amende, ils ont récupéré 3 milliards, alors ce sont des milliards que récupère ce parquet, qu’est-ce qu’on attend pour le faire ici ? », questionne l’ancien homme de Loi.

Seuls 5 % à 6 % des dossiers sont traités

Si un tel organisme était mis en place chez nous, il permettrait, selon l’ancien juge Claise, de rapporter des centaines de millions d’euros : « c’est non seulement faisable, mais c’est certain ».

« Je vais vous citer un exemple », poursuit-il. « Il y a dans les armoires des parquets des centaines, des milliers de dossiers qui reposent. Ils viennent des déclarations de suspicion de la Cellule de traitement des informations financières en matière de blanchiment, dans lesquelles il y a des dossiers qu’on connaît bien et qui sont apparus dans la presse récemment (l’affaire Reynders, ndlr), mais on ne les lit pas par manque de moyens humains. Seuls 5 % à 6 % de ces dossiers sont examinés. »

Les politiciens de droite ont « peur »

Face à de telles perspectives de recettes, pourquoi ce parquet n’est-il pas encore en place ? « Je pense que c’est une question à poser à ceux qui s’y opposent », répond Michel Claise. « Tout l’Arizona. Qui a suivi la proposition de loi qui a été déposée par DéFI, déjà depuis un certain temps, et qui vient d’être examinée au Parlement ? Vous avez les socialistes, les écolos, le PTB, et DéFI. »

Face au mutisme des partis du gouvernement, l’élu DéFI leur décoche quelques flèches bien acérées : « On n’a pas entendu Les Engagés, par exemple. On pourrait tout de même se dire que ces gens qui se revendiquent d’être des démocrates, moi j’attends toujours de voir une certaine lutte dans ce sens. »

Les partis de droite sont même encore plus explicitement ciblés. Michel Claise « constate » que la droite ne veut pas lutter contre la criminalité financière, « c’est d’une objectivité totale. Oui. Ils ont peur d’être les premiers clients de nos institutions. »

« Beaucoup de corruption »

Pour terminer, l’ancien juge est questionné sur la corruption dans notre pays. « Oui, il y a beaucoup de corruption en Belgique. Il y a énormément de corruption », assure-t-il sans hésiter. « C’est une infraction difficile à identifier, mais il y a beaucoup de corruption, et croyez-moi que les dossiers, ils sont là. Il suffit de les examiner. Il ne se passe pas de jour sans lequel il n’y ait pas un élément qui apparaisse. Avec la constatation aussi d’un recul en matière de lutte contre la corruption par la diminution des moyens du personnel policier. »

Contenus sponsorisés

À la une

Les plus lus