Accueil Actu Belgique Politique

« Ils pensent qu’on est un Mister Cash » : le patron du CPAS de Bruxelles s’en prend à « certains présidents de gauche »

par RTL info avec Martin Buxant
David Weytsman (MR), président du CPAS de la ville de Bruxelles, affirme que la réforme du chômage existe pour favoriser une remise à l’emploi. Pour lui, les CPAS ne doivent pas être réduits à des distributeurs d’argent. Leur mission : fournir une aide et un accompagnement qui préservent la dignité humaine.

Invité de Martin Buxant à 7h50 ce mercredi matin sur Bel RTL, David Weytsman (MR), président du CPAS de la ville de Bruxelles est revenu sur la réforme du chômage, qui impacte évidemment les Centres publics d’action sociale (CPAS) qui verront une partie des chômeurs de longue durée redirigés vers eux.

La réforme du chômage votée par le gouvernement De Wever, et notamment l’exclusion des chômeurs de longue durée, a fait couler beaucoup d’encre. Lorsqu’on l’interroge sur le sujet, David Weytsman répond : « Je crois qu’une partie de la population pense que le CPAS est un Mister Cash. Et quand j’entends certains présidents de gauche, ils pensent aussi que c’est un Mister Cash. Or, c’est tout l’inverse. On est là pour aider les gens, pour les accompagner, pour leur donner une vie digne. Ce sont les termes de la loi de 1976. »

Des conditions strictes

Le président du CPAS de Bruxelles Ville a été très clair sur ce point : on ne peut pas obtenir d’argent sans conditions. « Pour bénéficier d’une aide du CPAS, il y a des conditions strictes qui sont reprises dans la loi. Il faut notamment être disponible sur le marché de l’emploi. Et il y a des sanctions à la clé si ce n’est pas respecté, que nous mettons en place. », a-t-il notamment martelé.

Si remettre des gens à l’emploi relève de la mission des organismes de formation à l’emploi, c’est également le travail du CPAS, a souligné David Weytsman : « C’est déjà une de nos missions aujourd’hui car, au sein de la ville de Bruxelles, il y a actuellement 5.000 personnes qui sont au CPAS dans des filières de formation et d’emploi. » Il précise néanmoins que « ce sera également le cas dans le futur pour toutes les personnes qui auront moins de deux ans de chômage et pour les personnes qui seront plus longtemps au chômage et qui sont donc les plus éloignées du marché de l’emploi ».

Un manque d’accompagnement

Une remise à l’emploi efficace passe surtout par une aide et un accompagnement adapté, un service qui n’existait pas pour les chômeurs de longue durée à Bruxelles. « Lorsque j’ai appris qu’à Bruxelles, ils n’étaient pas aidés ni accompagnés depuis dix ans, je suis tombé de ma chaise », a affirmé le président du CPAS. Selon ce dernier, toutes les politiques avaient plutôt misé sur les chercheurs d’emploi de courte durée.

La diversité des profils

« Pendant dix ans, nous n’avons rien fait pour ceux qui étaient au chômage depuis plus de 2 ans. Donc nous allons essayer de faire beaucoup mieux », a affirmé David Weytsman. Et pour remplir cet objectif, le président du CPAS de Bruxelles propose des mesures concrètes : établir des réunions toutes les cinq à six semaines, analyser les situations au cas par cas et trouver des solutions aux problèmes autres que l’emploi.

Lorsque vous êtes une personne sans-abri, vous ne pouvez pas être mis à l’emploi directement.
David Weytsman (MR), Président du CPAS de la Ville de Bruxelles

David Weytsman a notamment souligné que « lorsque vous êtes sans-abri ou une maman solo avec 5 enfants et que vous avez par exemple des problèmes avec votre logement ou des problèmes d’assuétude, vous ne pouvez pas être mis à l’emploi directement. »

Concernant l’accompagnement proposé par le CPAS, celui-ci passera notamment par des formations à l’emploi en partenariat avec des acteurs régionaux, privés comme publics, mais aussi par un suivi du marché de l’emploi ou des mécanismes comme le contrat d’insertion.

Contenus sponsorisés

À la une

Les plus lus