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La réforme du chômage, contestée depuis plusieurs mois par l’opposition, les syndicats et de nombreuses organisations, restera en vigueur pour l’instant. Ce jeudi, la Cour constitutionnelle a rejeté leur demande de suspension. Pour les juges, aucun des requérants n’a démontré l’existence d’un préjudice grave et irréparable qui justifierait l’arrêt immédiat de la mesure. Or, cette condition est essentielle pour qu’une suspension soit accordée.
« Une occasion manquée »
Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC, illustre la déception du camp syndical à notre micro. Elle déplore un manque d’écoute face à l’impact humain de la réforme : « Nous pensons que c’est une occasion manquée de prendre en compte et de prendre la mesure du désastre que représente la perte d’allocations de chômage pour des dizaines de milliers de familles dès janvier 2026. »
Malgré ce revers, la responsable syndicale insiste sur la détermination intacte des opposants : « Le combat n’est pas terminé, le combat continue puisque nous avons d’ores et déjà introduit un recours en annulation pure et simple de cette disposition. »
Interrogée sur la suite de la procédure, Marie-Hélène Ska précise que la réponse de la Cour devrait intervenir « dans les mois à venir ». En attendant, elle rappelle l’enjeu social de cette bataille : « Ça va prendre un petit peu de temps. Mais nous pensons que ce combat est juste, qu’on ne peut pas laisser des personnes privées de tout revenu aujourd’hui, en 2025, en Belgique. »
Clarinval se réjouit
Du côté politique, la décision de la Cour a suscité des réactions contrastées. Le ministre de l’Emploi, David Clarinval, s’est félicité du rejet de la demande de suspension, exprimant sa satisfaction face à ce premier feu vert judiciaire : « L’application de la loi ne sera donc pas suspendue, ce dont je me réjouis, en attendant bien évidemment un prononcé sur le fond qui doit encore intervenir. Je reste convaincu que la loi est juste et équilibrée et ne remet pas en cause les droits sociaux fondamentaux garantis par la Constitution. La réforme est nécessaire pour garantir la pérennité de notre sécurité sociale et renforcer l’accompagnement vers l’emploi. »
À l’opposé, le Parti socialiste a réaffirmé son opposition à une réforme qu’il juge toujours « injuste ». Selon lui, elle risque de déplacer la pauvreté vers les CPAS sans pour autant générer d’emplois.













