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Le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin a décrit jeudi, en séance plénière de la Chambre, la stratégie que développe la Belgique contre les intrusions de drones dans son espace aérien, et singulièrement au-dessus de sites critiques. Cette stratégie s’articule en trois axes : détecter, identifier, neutraliser.
Le matin même, le Conseil national de sécurité (CNS) s’est réuni afin de coordonner la réponse à ces incidents qui se multiplient ces derniers jours. La réunion a été l’objet de neuf questions parlementaires lors de la séance plénière de l’après-midi.
Bernard Quintin a confirmé que le CNS avait reçu les rapports des services de sécurité, sans en dévoiler la teneur. « C’était une action organisée, concertée par, dit-on en langage diplomatique, des acteurs inamicaux », s’est-il contenté de déclarer. Il a donc développé les trois axes du plan d’action fédéral.
En matière de détection des drones, l’intention est de moderniser les installations, sous la responsabilité de la Défense et de Skeyes. À ce titre, le Conseil national de sécurité a décidé de rendre le National Airspace Security Center (NASC), situé à Beauvechain, complètement opérationnel pour le 1er janvier prochain, a confirmé Bernard Quintin.
En matière d’identification, le ministre a confirmé que son collègue de la Mobilité Jean-Luc Crucke allait mettre en place un système d’enregistrement plus large des drones, afin de « faire plus rapidement la distinction entre utilisation agréée et malveillante ».
Pour le volet neutralisation, Bernard Quintin a assuré que les drones suspects pouvaient bien être neutralisés par intervention policière, y compris de la police locale, ou par intervention militaire, « en évitant autant que possible les dommages collatéraux. » Le ministre a aussi annoncé avoir donné instruction à la police d’adapter d’urgence son dispositif de contrôle et d’intervention au nouveau phénomène des drones. Cela devrait fournir aux forces de police fédérales et locales un cadre clair dans lequel agir.
« On ne part pas de zéro, mais on vient de loin », a estimé Denis Ducarme (MR). Dans sa réplique, le libéral a fustigé le retard pris par la Belgique dans le domaine. « Vous avez une lourde responsabilité », a-t-il lancé au PS, dont était issue l’ancienne ministre de la Défense Ludivine Dedonder.
Cette sortie a fait bondir Axel Weydts (Vooruit). Il a rappelé que la National Airspace Security Center (NASC) avait été créé par la précédente majorité, dans laquelle siégeait aussi le MR. « Demander à M. Ducarme d’être fair-play, c’est attendre l’impossible », a ironisé Christophe Lacroix (PS).



















