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« C’est une injustice qu’on veut enlever » : une personne au chômage accumulera moins de droits à la pension qu’auparavant

par RTL Info avec Loïc Parmentier et Belga
Les chômeurs et les bénéficiaires de préretraite accumuleront moins de droits à la pension. Cette nouvelle mesure du gouvernement De Wever, en vigueur depuis peu, vise à limiter l’impact des périodes de chômage sur le calcul des pensions.

Depuis la semaine dernière, c’est officiel : les chômeurs et les bénéficiaires de prépension accumuleront moins de droits à la pension qu’auparavant.

Un salaire fictif plafonné

Concrètement, les droits à la pension constitués pendant le chômage seront désormais calculés sur un « salaire fictif limité » d’environ 33.000 euros par an, et non plus sur le dernier salaire perçu avant la perte d’emploi. La mesure s’applique à toutes les périodes de chômage à partir du 1er février 2025, date d’entrée en fonction du gouvernement De Wever. Les premiers effets se feront sentir pour les personnes qui partiront à la retraite à partir de 2027.

Pour Jan Jambon, ministre fédéral des Finances, cette réforme corrige une situation jugée « injuste ». « Parce qu’on avait un effet pervers. Parfois, dans certaines circonstances, les gens qui ont bossé toute leur carrière avaient une pension moindre que ceux qui étaient dans une longue période au chômage », explique-t-il. « Le gouvernement trouve ça injuste. C’est une injustice qu’on veut enlever. Donc l’allocation de contribution aux pensions, pour chaque période de chômage, va être calculée sur un salaire fictif d’à peu près 33.000 euros par an », indique le ministre, rappelant qu’auparavant le calcul se faisait sur le dernier salaire.

Un impact variable et des exceptions

Selon des simulations, l’impact varie fortement selon les revenus et la durée du chômage. Un célibataire gagnant 3.500 euros brut par mois perdrait environ 14 euros brut de pension mensuelle après un an de chômage, et jusqu’à 71 euros après cinq ans. Pour un salaire de 5.000 euros brut, la perte pourrait atteindre 179 euros brut par mois après cinq années de chômage.

Certaines exceptions sont toutefois prévues. Le chômage temporaire imposé par l’employeur, l’absence de missions pour les artistes, les pêcheurs ou les travailleurs portuaires continueront à être pris en compte comme auparavant. Les personnes déjà en prépension avant février 2025 ne sont pas concernées.

« Un peu d’économie »

Au-delà de l’équité, la réforme participe aussi à l’assainissement budgétaire. « Oui, c’est un peu d’économie », reconnaît Jan Jambon. « L’ensemble de la réforme des pensions contribue, pour cette législature-ci, à presque 2 milliards et demi. Dans le futur, ça va encore augmenter », dit-il, tout en précisant que la contribution spécifique de cette mesure reste limitée.

Le ministre annonce par ailleurs d’autres ajustements à venir, notamment pour les carrières mixtes. « On va additionner les carrières quand on a travaillé comme fonctionnaire, indépendant ou employé, parce qu’on avait l’effet pervers que ces personnes n’atteignaient pas la pension minimum, alors que d’autres, restées longtemps au chômage, y avaient droit », souligne-t-il.

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