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L'histoire sonne comme un conte de Noël à la Saint-Sylvestre. Un couple de retraités vient d'accueillir chez lui un autre couple qui aurait dû passer le réveillon à la rue. Un couple de migrants, futurs parents, dont les vœux pour 2024 viennent d'être exaucés.
Ils sont arrivés ce vendredi après-midi. Ifra a 27 ans, elle est enceinte de cinq mois, tandis qu'Hakim a 33 ans. Ils ont trouvé une maison d'accueil grâce à Anne-Catherine. "Dieu merci, je suis très content. Je viens du Soudan. Avec ma femme, on est passé par la Turquie. De la Turquie, on est entré en Grèce, puis on est arrivé en Belgique", explique Hakim.
Les premiers contacts entre hôtes et invités sont timides, mais Gérald a sa petite astuce pour briser la glace dès le départ. "J'ai préparé un petit pot avec du piment. Je leur ai dit: 'Attention, c'est très piquant'. Mais pour eux, ils traduisent ça en disant que l'Européen dit que c'est très piquant, donc ils prennent une bonne cuillère ou deux, ils rigolent parce qu'ils s'en rappellent. Puis au moment où ils le goûtent, ils commencent à transpirer, à avoir des gouttes qui coulent, et ça détend tout de suite l'atmosphère", confie Gérald.
Pas toujours facile de se faire comprendre, mais les deux familles passent par l'anglais pour communiquer.
Il y a baba, qui est Gérald, et il y a mama, qui est moi
Ce n'est pas une première pour Claire et Gérald. Ils ouvrent leurs portes depuis de nombreuses années à des femmes, hommes et enfants arrivant sur le sol belge. Cela donne naissance à des relations très particulières. "Il y a baba, qui est Gérald, et il y a mama, qui est moi", indique Claire. "Donc, ça fait plaisir".
En pleine période de fin d'année, l'hiver rend les conditions de vie en rue compliquées. Il est inconcevable pour Claire de ne pas accueillir ceux qui en ont besoin: "On ne va pas les laisser à la rue. Puis, quand il y a de la place pour un, il y a de la place pour cent. Et puis, même s'il n'y a pas beaucoup à manger, il y a toujours moyen de préparer autre chose et de partager".
Une longue attente dans la rue pour les demandeurs d'asile
Nous interrogeons également Anne-Catherine. Elle coordonne les antennes régionales de la plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés et s'occupe des familles hébergeuses. Elle constate en ce moment un grand nombre de personnes qui cherchent un endroit où dormir. Elles se réfugient souvent dans des parkings. "Les demandeurs d'asile en Belgique, normalement, ils devraient être pris en charge dans les centres Fedasil. Ils sont laissés pour l'instant dans la rue en moyenne trois à cinq mois, avant d'avoir un hébergement, un accueil pris en charge par la Belgique. Il y a à la fois les demandeurs d'asile qui sont laissés dehors, ce qui n'était pas le cas avant, et à la fois les personnes qui arrivent en Belgique sans savoir vraiment quelles sont leurs intentions", explique Anne-Catherine.
Le droit à l'aide humanitaire est inscrit dans la loi belge, peu importe le statut administratif de la personne. Il est donc autorisé d'héberger des individus en situation irrégulière.
Si vous souhaitez participer pour accueillir des personnes en migration ou des demandeurs d'asile, vous pouvez contacter la Plateforme Citoyenne BelRefugees via sa page Facebook ou son site internet.


















